Le portage

Portager un canot est un moment bien délicat dans une expédition. La plupart des gens disent que pour réussir efficacement il faut être en bonne forme physique. Oui, certes, c’est important, mais ce n’est pas tout.
Transporter un canot sur son dos est une épreuve mentale en soi. C’est à chaque pas se fixer un nouvel objectif, c’est libérer son esprit de tout doute malgré la douleur et avancer peu importe les obstacles et la difficulté du trajet.

Pour réussir, il faut toujours être à l’écoute de cette petite voix intérieure qui nous dit : « Allez, ne lâche pas, encore quelques mètres ». Après, lorsqu’on on arrive au bout, un étrange silence nous habite. On respire profondément, on dépose le canot et on se félicite. Un autre défi vient d’être accompli. C’est ce moment de quelques secondes qui en vaut vraiment la peine. Non seulement on s’est surpassé, mais surtout on a atteint les objectifs qu’on s’était fixés au départ.

Maintenant, je sais que je suis capable de pousser mes limites personnelles et je sais que je peux me faire confiance. Ce sentiment en vaut bien d’autres, mais il est encore meilleur qu’un bon verre de vin à la fin d’une grosse journée!

Notre expédition compte environ 200 km de portages. C’est comparable à marcher entre Montréal et Québec avec un canot sur le dos. Imaginez notre fierté lorsqu’on les aura tous franchis… Imaginez l’immensité du sentiment d’accomplissement qui nous habitera.
D’ici là, je profiterai de chaque pas et même si c’est un grand défi pour moi, je suis convaincue que portager m’apportera autant qu’il m’en demande!