Pédale douce dans la canopée

De par le monde, on n’en compte que quatre : un en Floride, l’autre au Mexique, un en Corée du Sud et un autre au Québec. Dès sa première  saison, le VéloVolant a conquis son lot d’adeptes. Essai entre ciel et terre.


photo : VéloVolant

Est-ce une tyrolienne, un parcours d’aventure en forêt ou un pédalo? Rien de tout cela… et un peu de tout ceci à la fois. Drôle d’oiseau de fer inauguré l’an dernier à la station de montagne Au Diable Vert, à Glen Sutton, le VéloVolant survole les hauteurs de la forêt, en toute proximité avec son feuillage, bien accroché à un circuit câblé de 1 km qui zigzague entre les arbres, et ce, jusqu’à 30 m du sol.

Comme la tyrolienne, le VéloVolant permet de planer d’un point à un autre du haut des airs. Mais, contrairement à elle, tout se fait en douceur, car on contrôle sa vitesse et on peut même s’arrêter pour apprécier le décor. C’est bien tant mieux: on peut ainsi admirer les montagnes du Vermont dans une trouée de verdure, jeter un coup d’œil sur le ruisseau qui court en contrebas, prendre la photo d’une chouette perchée sur une branche, ou apercevoir un chevreuil furtif qui n’a aucune idée que quelqu’un l’observe de là-haut.

Par-dessus tout, le VéloVolant donne l’occasion unique d’investir la canopée à hauteur d’oiseau – chose qu’il n’est pas souvent donné de faire au Québec, sauf en marchant sur une série de billots instables dans un parcours d’hébertisme aérien… auquel cas on ne voit alors que ses pieds, pour l’essentiel.

«Ce qui est intéressant avec le VéloVolant, c’est qu’il procure une bonne dose d’adrénaline tout en permettant de demeurer en contrôle, deux choses qu’on ne retrouve pas souvent ensemble dans une activité de plein air», dit Jeremy Fontana, le sympathique copropriétaire d’Au Diable Vert, un Australien d’origine.

Formé d’un cadre d’acier doté de deux roues, d’un siège ajustable et d’un pédalier, le VéloVolant nécessite bien du moulinage pour progresser et ne permet généralement pas de prendre de la vitesse pour poursuivre sur son erre d’aller.

Au début, un minimum d’acclimatation est nécessaire pour bien sentir la bête. Compte tenu de la minceur du câble et de son élasticité, chaque jonction du câble – et il y en a plusieurs – procure un léger frisson le long de l’épine dorsale quand les roues bifurquent vers les rails torsadés fixés aux arbres.

Lorsqu’on les emprunte, tout le bazar se met à tanguer, légèrement peut-être, mais assez pour qu’on se sente un brin déstabilisé. Sans compter que, parfois, il faut moduler le moulinage du pédalier: si on appuie trop fort, les roues peuvent tourner dans le beurre une ou deux secondes… avant de mordre à nouveau le câble.

Cela dit, après une période d’adaptation de 5 ou 10 minutes, les appréhensions font généralement place à l’excitation – à moins d’être porté sur le vertige. «Sur 4000 utilisateurs en 2013, nous avons surtout eu des commentaires élogieux, et le peu de plaintes touchaient surtout la hauteur des installations», explique Jeremy Fontana.

Certains se plaignent aussi du peu de temps qu’ils passent dans les airs, compte tenu du prix payé. «Ce sont souvent des gens qui supportent mal les hauteurs et qui s’empressent de boucler la boucle le plus rapidement possible, en ayant les yeux fermés la plupart du temps! précise-t-il. Or, nous encourageons les gens à y aller doucement, à parler avec leurs amis d’un vélo à un autre, à sortir leur appareil photo et à passer au moins 45 minutes dans les airs.»

L’an dernier, le VéloVolant était accessible de la fin mai jusqu’à la mi-novembre, mais, cette année, Jeremy Fontana espère l’exploiter dès le mois d’avril, si la température le permet. «Ces machines ne sont pas conçues pour fonctionner en bas du point de congélation, mais dès que le mercure atteindra 10 ou 15 degrés, nous pourrons les utiliser. Après les tunnels de verdure de l’été, les coloris d’automne et les arbres dénudés de novembre, il est alors intéressant de survoler les plaques de neige et les ruisseaux gonflés à bloc du printemps, et de voir apparaître de près les premiers bourgeons dans les arbres…

Repères
Au Diable Vert

169, chemin Staines, Glen Sutton
Tarifs: 50 $ par adulte, 40 $ si on séjourne sur place, et 35 $ pour les 12-17 ans.
velovolant.com et audiablevert.com