Présenté par Tourisme Percé
Destinations | Québec

Lumière d’automne sur Percé

Amoureux de lumière d’automne? Rendez-vous à Percé pour les plus belles randonnées.

État d’ivresse à Revelstoke

« Dieu est avec moi», a pris l’habitude de dire Pascal Girard, depuis ce jour où il s’est miraculeusement remis d’une grave maladie rénale qui l’a terrassé pendant cinq ans. C’est sans doute parce que Dieu est avec lui que ce casse-cou a aussi jusque-là survécu au bris de 13 (au moment de mettre sous presse) planches à neige. Car ce n’est pas d’hier que Pascal fait appel au Tout-Puissant: «Quand j’avais quatre ans, je priais Dieu de faire disparaître tous les skieurs afin qu’il n’y ait aucune attente aux remontées, dans les centres de ski!»
Une chose est sûre, c’est que les voies divines n’ont rien à voir avec la sélection de cet excellent candidat pour aller tâter de la poudreuse à Revelstoke. Kayakiste invétéré, conteur naturel, ce professeur de maths dans une école secondaire de Granby excelle également dans la glisse, lui qui s’est déjà fait repérer par des recruteurs de l’équipe américaine de ski alors qu’il dévalait un champ de bosses de Jay Peak à l’âge de… 10 ans.
En découvrant un jour la planche à neige, Pascal a aussi découvert un as planchiste qui deviendrait son mentor, son exemple à suivre: Craig Kelly, alias le «Godfather of Freeriding». En 2003, Kelly s’est fait avaler par une avalanche à… Revelstoke, «l’épicentre de la glisse hors-piste» qui fascinait déjà Pascal depuis des années. 
Preuve que Dieu est avec lui, il en est revenu en vie et nous a pondu un excellent reportage doublé d’un petit clip très enlevant (à voir à la fin du présent texte), après avoir été presque transfiguré par cette neige, ces décors naturels inspirants. Avant de s’y rendre, Pascal avait écrit ces quelques mots: «Je ne mérite pas d’être à Revelstoke. Pas plus qu’un poisson ne mérite l’eau. C’est tout simplement dans ma nature d’y être.» Il avait diablement raison.
Gary Lawrence 

Été 1994. Je n’ai plus un sou, je suis à Banff et je dispose d’un mois de congé entre deux saisons à planter des arbres. Mes minces rations ayant expiré, je décide de rejoindre un ami sur l’île de Vancouver pour crier famine. Mon seul moyen de transport est celui où on compte sur son pouce en espérant un bon samaritain. C’est un entraîneur de ski de Big White qui voyage flanqué de gros seaux remplis de cerises sur son siège arrière. Nous avons une longue discussion sur la différence entre le ski et la planche à neige, le tout accompagné de cerises qui font rapidement le tour de mon système digestif. Alors que nous traversons un certain village, il se penche vers moi comme s’il me révélait un secret et murmure: «Ici, c’est l’épicentre du ski hors piste. C’est ici que ça se passe, mon homme!»

Je ne connais rien de ce coin, mais à cet instant précis, je sais que de folles descentes m’attendent derrière ces montagnes. Je dois revenir un jour dans ce lieu mythique: Revelstoke.

Une montagne au parfum d’adrénaline
Mars 2009, 15 années plus tard, je traverse le Roger’s Pass en bus vers l’eldorado du ski. La cerise sur le sundae: en 2007, on a investi plus d’un milliard de dollars dans une nouvelle station de ski, au mont Mackenzie. Ces 5620 pieds de dénivelé constituent désormais le plus haut centre de ski d’Amérique. Non seulement je connaîtrai l’excitation du ski hors piste de Revelstoke, mais aussi celui d’un centre aux dimensions massives. J’exulte.

Avec ses allures de Far West, Revelstoke donne l’impression d’avoir été scellé dans une vallée, lors de la «création» du Canada. Un endroit simple qui n’a rien de tape-à-l’œil, rien de branché, rien de bling bling… Revelstoke est un camp de base à l’attention des aventuriers qui s’adonnent aux activités de montagne. Mais sa simplicité n’est qu’apparente: c’est ici que siège l’Association canadienne des avalanches. Certains des meilleurs guides de montagne et de ski y sont formés et on exporte ces formations partout dans le monde. Revelstoke est aussi le berceau de l’héliski au Canada.

La rivière Columbia, qui coule au milieu du village, sépare les monts Monashee des monts Selkirk, comme une frontière naturelle entre deux royaumes. Ces montagnes dégagent une odeur farouche, sauvage; on se sent petit, ici… Cette odeur, c’est celle des grizzlys, des sapins, des cèdres, des glaciers, des rochers, de la poudreuse et de l’adrénaline. Une adrénaline que je sens à plein nez aussitôt monté dans la gondole du centre de ski.


Tout est si vertical! Et si haut! Une vraie montagne de casse-cou pour skieurs et planchistes expérimentés. Une montagne comme je les aime, rude et sauvage. Il n’y a qu’une piste pour les débutants. Elle est très étroite et traverse à plusieurs reprises les pistes difficiles. J’ai tellement hâte de me mesurer à ce fier géant. Gary et moi sommes comme deux enfants devant une table remplie de desserts à Noël. Il nous faut goûter à tout, en même temps, et avec tous les excès possibles. Nous passons la journée à savourer des pistes telles la Bacon & Eggs, la Hot Sauce, la Jalapenoe, les Tasty Glades, le tout mélangé dans le bol Nord ou Sud. Peu importe le versant, la vue est toujours surprenante.

Toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi, nous dévalons les bols et un labyrinthe de sous-bois à nous donner des sueurs froides. Ce n’est pas notre montre ou même notre estomac qui réclame une pause, mais bien nos cuisses. La pause est brève. Il nous faut, au plus vite, retourner sous ces pins qui nous donnent l’impression de skier parmi d’énormes aiguilles.

Au cours de notre dernière descente, nous rencontrons trois Français des Pyrénées. Ils nous guident vers une pente abrupte dans la section des catskis, une marche d’un kilomètre en montagne. Mes quadriceps et mes mollets veulent m’abandonner. Je suis tellement fatigué que cette voie ne se fait pas sans quelques roulades dans la neige folle. Malgré notre éreintement, nous dévalons cette section avec l’enthousiasme du début. Une fois sortis de cette zone, nous dévalons le reste de la montagne qui m’apparaît comme la plus longue glisse de ma vie. La rivière Columbia ne semble jamais se rapprocher…

Finalement, quand nous serons assis dans la navette sur le chemin du retour à l’hôtel, grisés par la fatigue, notre sourire ne transmettra que ce seul message: la béatitude.


En terrain de connaissances
J’apprends qu’un de mes anciens élèves, David Gagné, est à Revelstoke avec ses frères et un ami. Nous nous rencontrons à la montagne pour photographier et filmer quelques séquences de leurs exploits. Je connais bien les prouesses de David Gagné, un freeskier très accompli au Québec. Parfois, David s’absentait de l’école pour se rendre au Colorado, en Utah ou en Colombie-Britannique pour skier; il allait même au Chili en été.

La journée avance, David et ses frères choisissent des lignes plus techniques et plus étroites. J’aime bien ces types, ils me rappellent mon frère et moi lorsque nous passions des journées entières à chercher la plus grosse roche à sauter et la section la plus difficile à descendre. Comme ces quatre gars, lorsqu’une superbe ligne se présentait, elle était toujours suivie d’un: «Si tu touches ma ligne, je te casse la figure!» Comme ils sont beaux à voir! J’ai autant de plaisir à les filmer qu’à descendre avec eux. Nous crions lorsque David, d’un saut, atterrit parfaitement en bas d’une falaise de 40 pieds. J’aime ce genre de journée, remplie d’adrénaline, de rires, d’applaudissements et de soleil. Comme mon bronzage, il est impossible d’effacer cette expression d’enchantement estampée sur mon visage.

Cependant, mon doute se confirme: notre journée de catski est annulée. Depuis notre arrivée, le soleil réchauffe de plus en plus les pentes, ce qui augmente les risques d’avalanche. Cela me préoccupe très peu. De toute façon, nous avons passé plusieurs heures dans ce secteur le premier jour en nous y rendant à pied. Reste la journée d’héliski, qui n’est heureusement pas annulée!

«Arrêtez-moi, je plane!»
La journée est grise et de gros flocons mouillés tombent. La vue n’est pas aussi incroyable que ces derniers jours, mais peu importe, je suis ici pour la neige. Je ne sais pas vraiment à quoi m’attendre; pourtant, depuis mon enfance, j’ai rêve de ce moment. À mes cinq ans, mon père me parlait d’endroits où, par hélicoptère, on pouvait exécuter des descentes sensationnelles. Tout me semble irréel. Même Gary, qui a skié à plusieurs endroits sur la planète, vit sa première expérience. Notre enthousiasme est si palpable qu’on pourrait le couper en petits cubes et le revendre sur eBay. Nous avons droit à un petit cours sur les dangers des avalanches et sur l’utilisation de notre émetteur transmetteur. L’enseignant en moi boit toutes les paroles de Pete, notre guide.

Finalement, nous pouvons monter dans l’hélicoptère. Nous sommes un groupe de 12, nous ne nous connaissons pas, mais nous avons tous quelque chose en commun: un sourire fendu jusqu’aux oreilles. Rendus à destination, nous suivons l’un après l’autre les traces de notre guide. Aussitôt que je commence à glisser, le charme opère, je plane, je flotte, je vole! Dans le temps de le dire, je dépasse les deux personnes qui me précèdent. Je ne réalise pas que le groupe s’est immobilisé un peu plus bas. Mon arrêt brusque me fait culbuter à la renverse sur les skis d’une Suisse. Je suis désolé et quelque peu embarrassé, mais ce que je tiens vraiment à lui dire, c’est: «Désolé… c’est parce que je plane, tu vois… JE PLANE!»

Pour conserver de bons liens avec la Suisse ou avec quelque autre nation, je garde mes distances. Nous sommes un groupe alerte et les pentes abruptes sont de la partie. Je ne peux m’empêcher de me lancer à pleine vitesse dans les endroits les plus raides en criant toutes sortes de «yahous» idiots qui me feraient rougir si quelqu’un se mettait en tête de les enregistrer… Pourquoi ralentir quand tout est fait d’ouate? J’ai un plaisir fou à descendre entre les cimes de pins enneigés. Hélas, l’expression «revenir les pieds sur terre» prend tout son sens lorsque l’hélico nous ramène au camp de base.

Avant de quitter Revelstoke, je respire une dernière fois l’odeur sauvage de ce territoire. Je suis satisfait, j’ai vécu mon rêve. J’y reviendrai.

Repères 
Revelstoke est situé dans les Selkirk, une chaîne de montagnes voisine des monts Monashee, en Colombie-Britannique. Même si on tend à les inclure dans les Rocheuses, les Selkirk font partie d’un groupe plus vaste et plus ancien de massifs montagneux, les montagnes Columbia, qui s’étendent jusqu’en Idaho et dans l’État de Washington. Contrairement aux Rocheuses, les Selkirk sont influencés par le climat côtier, d’où leur forêt tempérée, leur grande diversité florale et… leurs abondantes précipitations.

Pour s’y rendre
On peut transiter par Kamloops ou Kelowna, à 3 h ou 3 h 30 d’autocar de Revelstoke, ou encore atterrir à Calgary et prendre l’autocar pour environ 6 h de route panoramique. Compte tenu du temps d’attente pour une correspondance à l’aéroport de Calgary, l’option Calgary-Revelstoke en autocar s’avère parfois avantageuse.

Entre autres transporteurs, WestJet offre un vol direct de Montréal à Calgary plusieurs fois par semaine, avec correspondances vers Kamloops et Kelowna. La manutention des skis et planches à neige s’y effectue sans heurt grâce au service pour bagages surdimensionnés. www.westjet.com

Où dormir
Le Sandman Inn (www.sandmanhotels.com), un hôtel correct, a l’avantage d’être situé juste à côté de la gare d’autobus et à 10 minutes à pied du «centre-ville». Il est relié au centre de ski – comme tout le reste de la ville – par une navette gratuite. Depuis le printemps 2009, on peut également séjourner au pied des pentes, au Nelsen Lodge, seul moyen d’expérimenter le ski in/ski out sur place.

À considérer à Kelowna, pour les départs de tôt matin: le Best Western Inn https://www.bestwesterninnkelowna.com, reconnu pour sa gestion verte.

Info:
Revelstoke Mountain Resort: https://www.revelstokemountainresort.com
Tourism BC: https://www.hellobc.com
Thompson Okanagan Tourism: https://www.totabc.com
Commission canadienne du tourisme: https://www.canada.travel