Sur les flots de la rivière L’Assomption
Douze canots, vingt-cinq pagayeurs, deux guides, deux chutes, d’innombrables rapides de classe I à III, et surtout, beaucoup de plaisir.
Situé à Saint-Côme, dans Lanaudière, Au canot volant démarre la saison de canotage avec une sortie guidée fort divertissante sur la rivière L’Assomption. Au programme de cette journée complète : 11 rapides de classe I à III et deux magnifiques chutes à portager, le tout épicé de chansons à répondre (mais pas trop quand même) en hommage au terroir local, entonnées par des guides des plus sympathiques. Mais dépêchez-vous de vous inscrire, car cette section de la rivière L’Assomption demeure navigable au printemps seulement, jusqu’à la fin de mai. Le niveau trop bas de la rivière en saison estivale ne permet généralement pas le passage des canots.
Mais qui dit canot printanier dit froidure. L’avantage de l’excursion guidée d’Au canot volant, c’est qu’on nous y fournit l’équipement – comme la combinaison isothermique, indispensable à cette période de l’année – et les conseils pour passer une agréable journée sur l’eau par mauvais temps. Une façon parfaite d’accroître vos connaissances sur le canotage printanier non seulement sur la gestion de la chaleur, mais aussi sur les techniques de navigation dans les rapides. Au cours de la sortie à laquelle j’ai pris part, il a plu constamment et le soleil n’a pas daigné se montrer. Malgré tout, nous étions très bien équipés pour survivre à ce temps de chien. C’est lors de ces journées pluvieuses et frisquettes qu’on réalise que le canot se pratique beau temps mauvais temps. Il faut le vivre pour le comprendre complètement.
À la manœuvre
L’activité commence au quartier général d’Au canot volant, une entreprise fondée en 2003 et située tout près du centre de la municipalité de Saint-Côme. Notre guide, Vincent Bellerose, en est copropriétaire depuis 2023 mais y travaille comme guide depuis une décennie. Le guide Nicolas Hochereau l’appuie dans notre sortie du samedi.
L’activité guidée étant super rodée, les guides ne s’enfargent pas dans les détails ennuyants, et leur attitude favorise les échanges avec les participants. En quelques heures seulement, une atmosphère de joyeuse camaraderie s’installe. Il est important de mentionner qu’il ne s’agit pas d’une formation mais d’une initiation au canot. Les guides nous expliquent rapidement la bonne technique. Le but est surtout de passer le plus de temps possible sur l’eau. Quitte à faire une tonique saucette, ce qui arrivera à un duo de pagayeurs, qui ont pris la chose en rigolant.
Une fois vêtus en parfaits canoteurs printaniers, nous embarquons dans une navette qui nous conduit, en une vingtaine de minutes, à la pourvoirie Coin Lavigne, où se trouve la mise à l’eau. La descente débute d’emblée par un rapide de classe II (passage qui nécessite quelques manœuvres). Puisqu’un pont enjambe cet obstacle, Vincent Bellerose a tout le loisir de s’y percher afin de nous prodiguer les conseils pour bien négocier le passage. Nous entrons sans attendre dans le vif du sujet. Bilan de ce premier obstacle : aucun chavirement. Nous partons en confiance.
La rivière L’Assomption prend sa source dans le lac du même nom, qui se situe dans le parc national du Mont-Tremblant. À sa sortie du parc, une longue section d’une dizaine de kilomètres présente encore un caractère sauvage : on y trouve peu de construction et de présence humaine. Le rapide Le Canyon (RII) constitue le deuxième défi où quelques manœuvres sont nécessaires. D’autres rapides et eaux vives s’ensuivent, dont un rapide de classe I, Le P’tit Vlimeux, à la roche traîtresse, à la toute fin de ce passage accidenté.
« Le canot, c’est l’embarcation des futurs divorcés ! » déclare Vincent Bellerose, sourire en coin. Évidemment, quand ça va mal en canot, c’est toujours la faute de son coéquipier ! La communication dans l’embarcation s’avère primordiale pour franchir les rapides avec succès. Le canot, c’est une métaphore de la vie de couple. Je suis mauvais communicateur, mais heureusement, j’étais en équipe avec un ami plutôt qu’avec ma fiancée, et j’ai pu le critiquer vertement. Car la roche que nous avons frappée, c’était de sa faute, bien entendu !
L’activité comprend deux petits portages de 100 m, sur les chutes à Bouleau #1 et #2. C’est le prétexte tout trouvé pour prendre une pause lunch au bord de ces cascades. « Ces chutes ont été dynamitées à l’époque de la drave, ce qui rend leur passage en canot très, très difficile, voire impossible », explique Vincent Bellerose. Dommage quand même, car je me sentais interpelé par ces chutes d’eau en paliers.
Le dernier rapide d’envergure, celui de la Scie ronde, est de classe III. Avec tous les RI et RII que nous avons affrontés précédemment, les équipes se sentent en confiance. En amont de la Scie ronde, le niveau de stress augmente, mais Vincent Bellerose se fait rassurant : « Je vous ai vus à l’œuvre et vous êtes tous capables de franchir ce rapide », nous dit-il dans son pep talk pré-RIII. Quelques frousses, mais tout le monde réussit son passage. Seule une équipe chavire… après les eaux vives, en célébrant trop hâtivement son succès !
Par la suite, 6 km à canoter en eau calme nous donnent la possibilité de nous réchauffer et de reprendre nos esprits. Nous arrivons à 15 h 30 au camp de base, un peu fourbus, nos bras n’étant pas entrainés à la pagaie en ce début de saison. Et nous n’avons qu’un désir en tête : repartir à la conquête des rivières du Québec en canot.
EN BREF
L’excursion d’initiation « Les deux chutes », à l’assaut des eaux vives de la rivière L’Assomption au nord de Saint-Côme, dans Lanaudière.
ATTRAIT MAJEUR
Démarrage hâtif de la saison de canotage.
COUP DE CŒUR
Le rapide de classe III, qui donne quelques difficultés mais procure beaucoup de satisfaction.




