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Trois territoires à découvrir pendant la traversée du Canada
C’est OK, on part qui joue à tue-tête dans mon auto lorsque j’atteins enfin le Manitoba. Les presque trois journées qu’il m’a fallu pour traverser l’Ontario (dénommée « longtario » par les habitués de l’autoroute Transcanadienne) m’ont paru sans fin. J’en ai des fourmis dans les jambes. Mon pied droit n’en peut plus d’appuyer sur l’accélérateur de ma fidèle Subaru Outback (surnommé affectueusement Benoît). Après 2500 km de ce road trip qui me fera parcourir la Transcanadienne de Montréal à Vancouver sur 4600 km, je sens que j’ai besoin d’une halte randonnée.
Heureusement, j’avais prévu le coup et choisi de camper au parc national du Mont-Riding, quelque 300 km à l’ouest de Winnipeg. Je comptais sur le fait que ça ne me dérangeait pas de tromper la Transcanadienne pendant 30 minutes afin de profiter du dernier relief auquel j’aurais droit jusqu’à Banff. Bon, il s’agit d’un relief modeste : le point le plus élevé se situe à 700 m d’altitude. Ce que le parc n’a pas en élévation, il le gagne en superficie : c’est un parc de 3000 km2 sillonné par quelque 370 km de sentiers de marche et de vélo de montagne.
J’arrive tard, mais je ne suis pas inquiète, parce que la randonnée que j’ai sélectionnée n’est pas exigeante, bien qu’officiellement, elle est classée « difficile » par Parcs Canada : un aller-retour de 11 km qui mène au point de vue de la colline Bald. Le trajet a ceci de particulier qu’il commence au plus haut point d’élévation, d’abord sur un sentier large et facile à parcourir, pour descendre jusqu’au point de vue sur le ravin, à l’approche duquel le sentier rétrécit. Le clou du spectacle est à la toute fin : la fameuse colline Bald est un énorme amas de roches plates surgi de nulle part et formant une espèce de crête sur laquelle on peut se percher. De là, j’observe le soleil se coucher dans le ravin. Autour de moi, tout est plan, je vois aussi loin que mes yeux me permettent de le faire, c’est magnifique. Puisque la saison estivale est loin derrière, je suis seule sur mon gros caillou.
Je finis de randonner dans le noir, à la lampe frontale, ce qui est sans conséquence, car le sentier est fort bien balisé et n’exige pas d’effort. Je séjourne confortablement sur l’un des sites de camping du parc, profitant du rare luxe d’un bloc sanitaire.
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