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Trouver le bon réchaud sans réchauffer la planète

Quoi de plus naturel que de cuisiner en plein air ? Après tout, nous utilisons le barbecue depuis des milliers d’années. Mais est-ce si écologique ?

Oublions d’entrée de jeu le gros barbecue domestique. Je veux m’attarder à l’impact environnemental de la cuisson en expédition. Si le réchaud réutilisable était la seule option il y a quelques années, toutes sortes d’autres options font leur apparition, allant des bonbonnes à usage unique jusqu’au brûleur-ventilateur alimenté au bois.
Parlant de bois, qu’en est-il du bon vieux feu de camp, un classique pour cuisiner léger ? Les puristes ne jurent que par lui, mais, comme nous allons le voir, ce n’est pas nécessairement la meilleure solution.

Des critères importants
Certains critères doivent être pris en compte pour évaluer le moyen le plus écologique de cuire son repas en expédition. D’abord, les émissions du combustible, qui comprennent les gaz à effet de serre (GES), mais aussi le monoxyde de carbone et les particules fines, qui contribuent notamment au smog.
Ensuite, il faut considérer la production de déchets, l’impact sur la biodiversité et, autre critère non négligeable, le rendement, c’est-à-dire la quantité de carburant nécessaire pour faire bouillir un litre d’eau.

Les bonbonnes rechargeables
Le grand avantage du réchaud traditionnel : réduire la quantité de déchets. Selon le modèle, divers types de carburants peuvent être utilisés, du naphta au kérosène. Ces carburants sont d’origine fossile. Autrement dit, leur combustion contribue à augmenter les impacts sur le réchauffement climatique. Comme les fabricants recommandent d’utiliser le carburant d’une bouteille durant l’année suivant son ouverture, on peut donc déplorer un gaspillage de carburant, particulièrement de la part de ceux qui pratiquent le plein air de façon occasionnelle.

Les cartouches (à usage unique)
Ce qui distingue les bonbonnes à usage unique des réutilisables est principalement le type de carburant utilisé. Parce qu’elles sont hermétiques et pressurisées, elles sont remplies d’un mélange gazeux, le plus souvent de propane et d’isobutane. Bien qu’ils soient d’origine fossile eux aussi, ces gaz contribuent jusqu’à deux fois moins au réchauffement du climat que le kérosène, en plus d’offrir un rendement supérieur.
En revanche, les cartouches ne pouvant être remplies, elles nécessitent plus de transport et contribuent davantage à la production de déchets.
Elles affichent aussi une date de péremption, qui varie de 12 à
60 mois. Cela en fait une option probablement plus appropriée pour le pleinairiste occasionnel.

Les réchauds à biomasse
La grande mode cette année : les réchauds à biomasse, qui utilisent du bois comme combustible. Un ventilateur, alimenté par une pile, souffle de l’air pour fournir davantage d’oxygène et permettre une combustion à plus haute température.
Contrairement aux carburants fossiles, la biomasse émet des GES biogéniques, c’est-à-dire faisant encore partie du cycle naturel du carbone. En ce sens, ils ne contribuent pas aux changements climatiques.
Par contre, le bois est un combustible moins « propre » que les gaz utilisés en plein air, principalement parce qu’il produit des particules fines et du monoxyde de carbone. Ces émissions sont plus prononcées quand la chaleur du feu n’est pas assez élevée.

C’est pourquoi l’ajout du ventilateur est bienvenu. Reste à voir si l’usage de piles, qu’elles soient jetables ou réutilisables, qui contiennent des substances toxiques, est souhaitable.

Le feu de camp
Dans le cas du feu de camp, il y a la théorie, puis il y a la réalité.
En théorie, faire un feu pour obtenir la chaleur nécessaire à la cuisson n’est pas très écologique. Il faut beaucoup de bois, ce qui détruit souvent la biodiversité dans les zones autour du camp. Pire, la combustion est rarement optimale, contrairement aux brûleurs à biomasse, ce qui génère beaucoup de particules fines et de monoxyde de carbone.
En pratique, toutefois, rares sont ceux qui vont faire un feu uniquement pour la cuisson. La plupart des campeurs optent pour un feu, même quand ils cuisinent avec un réchaud. Dans ce cas, les impacts du réchaud s’ajoutent à ceux du feu, ce qui n’est pas très souhaitable.

Mon verdict
Sauf pour des expéditions très spécifiques, comme la randonnée en haute montagne ou la traversée d’un désert, je favorise le feu camp. Eh oui ! Traitez-moi de puriste si vous voulez, mais ça reste l’option la plus économique et la plus « portative ». Et je me vois mal terminer une belle journée de plein air sans un bon feu de camp.
Dans ce contexte, ajouter les impacts d’un réchaud, qu’il soit au naphta, au propane ou à la biomasse, n’est tout simplement pas justifiable.