L’eau libre fait des vagues

  • Crédit Robert Borris

Le Québec est peut-être la terre sainte de la natation en eau libre. À condition, bien sûr, de pouvoir accéder à ses étendues d’eau. Coup d’œil sur cette discipline en pleine émergence.

Moi, mon wetsuit a beaucoup nagé. Il m’a fait flotter des lacs aux rivières. J’ai traversé avec ma combinaison de néoprène laminé le Québec et ses tributaires. York, Simon, Petit Bras, Lovering, Leamy : je ne tiens plus le compte des entités hydrographiques de la province dans lesquelles j’ai fait saucette. Il faut dire qu’il y a matière à s’offrir une baignade : 22 % de la superficie totale du territoire québécois est couverte d’eau, ce qui représente environ 500 000 lacs, 4500 rivières et un fleuve parmi les plus imposants du monde. La natation en eau libre trouve donc dans notre géographie une résonance certaine. On ne connaît pas « son » Québec tant qu’on n’a pas filé à la surface de son or bleu, au petit matin, dans la douce chaleur estivale. Félix Leclerc, notre poète national, serait assurément d’accord.

Ce constat est bien récent. Il aura fallu que je fasse un détour par le triathlon pour que l’évidence même me saute aux yeux. Je ne suis pas le seul, remarquez. « Beaucoup de nouveaux adeptes ont découvert la nage en eau libre par ce biais. Dans les dernières années, c’est devenu la principale porte d’entrée », observe Xavier Desharnais, agent de développement de la discipline à la Fédération de natation du Québec (FNQ) et ancien nageur professionnel en eau libre – il a notamment gagné deux fois l’exigeante Traversée internationale du lac Saint-Jean, longue de 32 km. Depuis sa retraite de la compétition et son arrivée en poste en 2018, le Sherbrookois d’origine note un engouement sans précédent pour cette discipline qui en sera à sa quatrième présence aux Jeux olympiques cet été.