À coups de pagaie, la Route bleue revit

Après une première formule qui a coulé à pic, les Routes bleues du Saint-Laurent refont surface. La remise à flot de cette infrastructure bleue réussira-t-elle, cette fois-ci, à gagner le cœur du public ?

Notre petite flottille de trois kayaks se trouve dans une impasse. Sur les cartes nautiques et sur Google Maps, il existe un passage navigable entre les îles Beauregard et Marie, dans la zone du trou à Grenouilles, sur le fleuve Saint-Laurent, entre les villes de Repentigny et Verchères. Or sur le terrain, la réalité est tout autre.

Aucune trace d’un possible chenal, bien que le niveau d’eau actuel soit supérieur à la médiane en cette période de l’année. Nous faisons face à un mur de végétation. Le passage s’avère même impossible en portageant. « Je vous l’avais dit : il y a souvent une différence entre les cartes et la réalité », clame Bernard Hugonnier, un kayakiste expérimenté, chargé d’évaluation à Canot Kayak Québec. Pas le choix, nous devons rebrousser chemin.

En cette belle journée de septembre, j’entreprends sur l’eau une excursion pas comme les autres. J’accompagne dans une sortie de repérage le trio composé de Bertrand Hugonnier, Pierre Marquis (directeur général de Canot Kayak Québec) et Sophie Lemire (directrice générale du Comité ZIP des Seigneuries). Le but : défricher un potentiel segment de Route bleue dans le secteur de l’île Beauregard, en évaluant les points de mise à l’eau, la qualité de la zone à explorer, les dangers, les obstacles et la biodiversité. Si l’évaluation est positive, ce parcours en démarchage, qui vient de cependant de heurter un écueil, deviendra possiblement, avec des variantes, un itinéraire officiel de la Route bleue. L’objectif est de créer, tout au long du Saint-Laurent, des trajets nautiques sécuritaires et accessibles.