Marcher sous une bonne étoile

  • Crédit Catherine Simard

La pénombre s’installe, les réconfortantes lumières des chaumières s’allument. Dans la forêt, un nombre grandissant de pleinairistes dégourdis troquent les watts des ampoules contre les lumens des lampes frontales le temps d’une randonnée nocturne. Géo Plein Air jette un éclairage sur la pratique encore à l’état exploratoire de la marche sous les étoiles.

L’intérêt de Marc-André Bédard pour l’activité physique à la noirceur ne date pas d’hier. Olympien en biathlon aux Jeux olympiques de 2010, l’athlète cumule les occasions de s’activer longtemps après le coucher du soleil depuis une vingtaine d’années. Si, à l’origine, il bravait les ténèbres pour des motifs professionnels – terminer ses entraînements en biathlon –, le résidant de Stoneham-et-Tewkesbury voue désormais un plaisir particulier à randonner au cœur de la nuit. « Quand on aime le plein air, l’obscurité devient un peu comme la cinquième saison de l’année. Chaque sortie nocturne met en évidence de chouettes différences qui permettent de redécouvrir des paysages connus », souligne celui qui œuvre aujourd’hui en tant que consultant en organisation d’événements sportifs.

Avec raison. Expérimenter la randonnée à la belle étoile plonge les marcheurs – même ceux qui pratiquent le sport depuis plusieurs années – dans un univers totalement étranger. Dans le noir, la forêt baignant dans une ambiance feutrée et enveloppante devient quasi méconnaissable. « Chacun entre complètement dans sa bulle. À cause du faisceau de la lampe, on a l’impression d’être dans un tunnel. Personnellement, je deviens très concentré, presque hypnotisé par le terrain et ses obstacles », décrit Vincent Blais, pompier dans les Forces armées canadiennes et athlète multisport.