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Canot, Été, Hors-Québec, Reportage

Coursing Through America : De l’océan Pacifique à l’océan Atlantique

20-11-2020

(crédit Ryan Heck) Photo prise le jour du grand départ.

Je vais vous raconter une histoire…Celle d’un grand rêveur, l’âme bohème, idéaliste qui un jour s’ennuyait profondément dans un mode de vie qui n’était pas le sien. Il s’était quelque peu égaré dans celui d’une autre qui pourtant ne l’avait jamais forcé à quoi que ce soit. Il tentait tant bien que mal de se convaincre qu’il allait y trouver un certain bonheur. Ce qui était devenu inévitable arriva, la rupture, la vente de la maison, le retour en appartement.

Les semaines qui ont suivi étaient remplies de tristesse, mais cette situation s’est rapidement transformée en une bénédiction lui permettant de se reconnecter avec ses passions. Plutôt que d’attendre, las, que le bonheur lui tombe dessus, il se mit à le provoquer. Depuis ce jour, la vie est douce et excitante.

Il ne s’est passé une journée sans que je me sente habité par ces ambitieux projets en canot. Je n’étais ni guide en tourisme d’aventure, ni guide de canot, seulement un amoureux du plein air qui avait un rêve: celui de traverser le Canada en canot, puis le fleuve Yukon et ensuite les États-Unis. Il ne s’agissait pas uniquement de me déplacer, mais plutôt de voyager à travers des pays où les rencontres ont été riches, les paysages bucoliques et la forêt ma maison.

 

La génèse d’un projet

 2015 – Traversée du Canada en canot : Expédition canadienne de l’année selon la Société Géographique Royale du Canada. Les chemins de l’or bleu, cette expédition qui en 2015 m’a permis ainsi qu’à mes 5 coéquipiers-ères de traverser le Canada en canot de Montréal à Inuvik pendant 175 jours, 7000 km et 117 portages, se veut la réalisation d’un rêve que je caressais depuis plusieurs années. Cette expédition s’est amorcée le 25 avril 2015 sur les eaux glacées du lac des Deux-Montagnes à Montréal et s’est conclue à près de 7000 kilomètres de son point de départ soit le 16 octobre 2015 à Tsiigehtchic-Inuvik sur les rives enneigées du fleuve Mackenzie dans le cercle polaire arctique.

(crédit Julien Bilodeau)

2016 – Le fleuve Yukon du lac Bennett à la mer : Du 19 mai au 26 juillet 2016 (70 jours), j’ai participé à l’expédition Pull of the North et j’y ai pagayé les 3200 kilomètres du fleuve Yukon, du lac Bennett entouré de glaciers en Colombie-Britannique, et ce, jusqu’à la mer de Béring à Emmonak en Alaska. Une magnifique odyssée qui m’a permis d’être en relation avec les différentes communautés autochtones dans l’un des endroits les plus isolés du monde. Ma coéquipière et cinéaste Caroline Côté a produit un documentaire lié à cette aventure.

(Sur la rivière Yukon, photo de Jay Kolsch)

2018 – Du 28 avril au 4 novembre 2018, j’ai pagayé dans un canot Nova Craft équipé d’une toile de pontage North Water, et ce, à travers les États-Unis de l’océan Pacifique à Astoria en Oregon jusqu’à l’océan Atlantique dans les Keys en Floride. Cette éprouvante expédition de découvertes a pris 191 jours afin de compléter les 7500 kilomètres d’un océan à l’autre ainsi qu’un portage de 600 kilomètres dans les montagnes Rocheuses. Elle a été nommée « America Dream Adventure Of The Year » selon le Canoe&Kayak Magazine. J’ai eu l’opportunité de pagayer avec différents aventuriers et seul pour la dernière partie de l’aventure. Cette épopée a été inspirée par des canoteurs tels que Verlen Kruger, Bill Mason et Frank Wolf. Découvrir un pays et les gens qui l’habitent par sa voie navigable est rempli de romance. Cette incroyable aventure de sept mois m’a permis de m’engager dans une relation idyllique avec la nature tout en retraçant les explorations légendaires de nombreux voyageurs historiques tels que Lewis et Clark, Louis Jolliet, Jacques Marquette ainsi que celles des Premières Nations.

 

Deux jours avant le départ, je me sentais particulièrement apaisé d’avoir passé la douane américaine. Pendant la longue entrevue de 90 minutes avec le douanier américain, je me suis mis à douter, à craindre qu’on me refuse l’accès, que toutes ces heures et cet argent investis dans ce projet ne soient perdus à jamais. Pendant 90 minutes, un inconnu tenait mon rêve entre ses mains et avait le pouvoir de le briser en un claquement de doigt. Je demandais de pouvoir être aux États-Unis pendant 7 mois, seulement 6 m’ont été accordés. Quelques minutes plus tard, ma décision était déjà prise, je ne quitterais pas les États-Unis avant d’avoir terminé cette expédition.

 

C’est le coeur léger et avec une grande fébrilité que je suis parti à l’aventure. En ce qui me concerne, le jour 1 a été le coup de cœur de chacune de mes expéditions passées. C’est l’aboutissement de beaucoup de travail, de sacrifices et d’un rêve devenu réalité. Le rêve d’une vie au fil de l’eau.

 

Cette mémorable odyssée à travers les États-Unis s’est donc amorcée sur les rives de l’océan Pacifique dans l’Oregon, et ce, entourés de centaines de lions de mer qui se montraient intrigués par notre présence. Nous avons ensuite combattu le courant en remontant le fleuve Columbia sur près de 500 kilomètres en pleine crue printanière et nous avons portagé les 4 premiers grands barrages hydroélectriques qui se sont présentés devant nous avant d’atteindre la ville de Burbank dans l’État de Washington.

Les sept premiers jours passés sur la rivière Columbia ont été tout un défi et m’ont ramené sur terre. Remonter le courant en crue printanière, combattre la marée descendante, transiger avec un bon vent de côté quotidien et une absence de sites pour camper, car le niveau de l’eau était plus haut qu’à l’habitude ont été autant de facteurs qui m’ont amené à réaliser que j’avais réellement sous-estimé la puissance de cette rivière. Je ne me souviens pas avoir pagayé aussi fort pendant aussi longtemps. Nous réussissions à faire des journées de 35-40 km. Nous avons été chanceux, il ne pleuvait pas. J’avais mal partout, mes mains étaient pleines d’ampoules. Les gorges de la rivière Columbia sont reconnues pour être magnifiques. La forêt luxuriante et les sublimes montagnes me donnaient envie de m’y éterniser.

Un jour du mois de mai, vers 18h00, on commence à chercher un endroit où camper sur la rivière Columbia. Le niveau de l’eau est 8 pieds plus haut qu’à l’habitude, il n’y a plus de plage, ne reste que l’herbe haute pour nous accueillir. On retire l’équipement du canot et au moment de le placer en sécurité à un endroit plus élevé, j’ai un mauvais feeling, soudainement envahi par l’anxiété.

(crédit Ryan Heck)

Je demande à ma coéquipière d’arrêter de faire du bruit, elle ne m’entend pas. Je reformule ma demande avec plus de vigueur. Je suis debout sur quelques petits troncs d’arbre, on entend clairement le serpent à sonnettes (venimeux) agiter sa queue, je prends une fraction de seconde pour essayer de le repérer, une autre fraction pour me rendre compte que je lui marche dessus, une dernière fraction de seconde pour me dire merde c’est comme ça que ma vie se termine, je fais un pas de côté, un peu paniqué, j’examine minutieusement mes chevilles et mollets, aucune trace de morsure. Cette journée-là, mon heure n’était pas venue. J’ai vu la mort de près, c’était vraiment moche comme sensation.

Vers le 14ème jour, le climat dorénavant aride a fait changer le décor et nous présentait des paysages montagneux et désertiques qui étaient spectaculaires. La végétation verdoyante avait laissé place à des terres composées de cactus. Je me croyais dans un western.

Nous avons ensuite remonté et exploré la magnifique rivière Snake sur environ 220 kilomètres.  Cette rivière remplie d’histoire, située dans une plaine au climat semi-aride, nous a offert des panoramas désertiques d’une grande beauté. Après avoir portagé 4 autres barrages hydroélectriques, nous avons vogué et mené notre canot jusqu’à la ville de Lewiston dans l’Idaho.

Un long portage d’environ 600 kilomètres dans les montagnes Rocheuses nous attendait entre les villes de Lewiston en Idaho et Helena au Montana. Avant d’amorcer cette longue marche, j’ai rendu visite à la communauté des Premières Nations Nimiipuu (Nez Percé) afin de leur demander l’autorisation de marcher sur leurs terres. Puis, l’un des grands sages de l’endroit est venu à notre rencontre pour la traditionnelle prière visant à nous protéger lors de notre long pèlerinage à travers les montagnes.

Notre arrêt de deux jours à Lewiston (Idaho) nous a permis de nous reposer, mais aussi de voir notre récit d’aventure présenté à la télévision et dans le journal. Nous sommes instantanément devenus des célébrités pour les gens de la région. Nous avons par la suite amorcé notre portage de 600 km. Une voiture sur trois y allait d’un petit coup de klaxon d’encouragement en nous saluant de la main, d’autres s’arrêtaient pour se faire prendre en photo avec nous, certain pour contribuer à leur façon en nous donnant de l’argent. Ça nous donnait tout plein d’énergie et malgré la douleur intense à nos mollets et nos pieds, nous étions en mesure de continuer à marcher.

Mon plan initial était de faire le portage à vélo avec une remorque pour le canot et l’équipement. Toutefois, je n’avais aucune expérience dans des zones aussi montagneuses et je me suis rendu à l’évidence que ce ne serait pas sécuritaire avec une charge aussi lourde à tirer. De plus, je considérais qu’il y avait quelque chose de romantique à traverser les Rocheuses à pied. Les longues heures passées à sillonner la route m’ont permis de méditer et de prendre du recul.

La première journée de notre portage s’est déroulée sur une piste cyclable. Le lendemain, nous avons mis les pieds sur l’autoroute 12 avec un large accotement où nous étions en sécurité. Lors de la 3e journée, l’accotement s’est grandement rétréci pour ne laisser place qu’à la largeur du canot et nous nous sentions déjà beaucoup moins braves. Au jour 4, malheureusement, il n’y avait plus d’accotement. Nous devions donc portager le canot sur l’autoroute 12. Cette autoroute ne comporte qu’une voie de chaque côté, la limite est de 100 km/h et c’est le trajet qu’emprunte les camions forestiers. C’était vraiment épeurant tout ça et on risquait de provoquer un accident à tout moment.

(crédit Park Neff)

On commençait sérieusement à mettre la vie des autres en danger, et ça, ça allait à l’encontre de notre philosophie d’expédition. Nous avons vu beaucoup trop d’automobilistes prendre des risques pour nous laisser de l’espace. C’est avec un léger sentiment d’amertume que nous avons accepté d’être conduits là où l’autoroute retrouvait son accotement et où il nous serait permis de portager de façon sécuritaire.

Cette interminable marche de 20 jours à travers les Rocheuses m’en a fait voir de toutes les couleurs. Lorsque j’ai mis mon sac de 75 livres sur mon dos le premier jour et que je me suis mis à pousser le canot rempli d’équipement, j’ai douté. J’ai douté parce que je ne suis pas un athlète et mis à part monter une ou deux montagnes par an, je ne suis pas un randonneur.

L’Idaho et le Montana nous ont proposé des paysages majestueux. Des rivières limpides et agitées par l’effervescence du printemps. Des montagnes à perte de vue dont plusieurs aux sommets enneigés. On a rencontré plein de cowboys, c’était épique.

Cette longue ascension dans les montagnes s’est avérée le plus gros défi physique depuis ma naissance. Il s’est passé quelque chose d’intéressant au plan identitaire. J’étais en contrôle, je me sentais fort et j’ai marché, marché, puis marché. L’avant dernière journée avant d’atteindre le sommet, il a grêlé et neigé, les conditions étaient atroces, mes mains gelées peinaient à pousser le canot.

Dans le Montana, les grizzlis sont nombreux et énormes. Au printemps, ils sortent de leur hibernation et sont affamés. Ils se déplacent en longeant la rivière à la recherche de poisson ou d’animaux à chasser. La délicate toile de la tente nous offrait un sentiment de sécurité bien illusoire.

Nous avons ensuite navigué sur le mythique fleuve Missouri sur près de 3600 kilomètres en ayant dorénavant le bonheur de bénéficier du courant qui nous poussait et nous permettait de parcourir une bien plus grande distance chaque jour. Lors de notre plus longue journée, nous avons couvert une distance de 163 km. Le portage des 14 barrages hydroélectriques est venu mettre notre endurance à rude épreuve. Certaines personnes extraordinaires et généreuses ont offert leur aide et sont devenues actrices de notre voyage. La vallée du bas Missouri était propice aux orages violents et aux tornades. C’était la période de l’année lors de laquelle ces dernières sont les plus actives (Montana, Dakota du Nord, Dakota du Sud). Nous avons été chanceux, car une tornade et de nombreux orages électriques sont passés tout près sans jamais nous atteindre, ce qui n’a pas été le cas pour certains pagayeurs devant nous qui ont été confrontés à des vents violents, fortes pluies, grêle, éclairs, tentes brisées…

Lorsque nous avons atteint la ville de St-Louis, nous nous sommes accordés une pause bien méritée de trois jours. Pour la suite, le plan initial était que mon canot serpente sur les rivières Ohio, Tennessee et Tombigbee sur près de 1200 kilomètres jusqu’à la Baie Mobile dans le Golfe du Mexique. Après une longue discussion avec des pagayeurs américains expérimentés, j’ai décidé de changer d’avis et de choisir un autre itinéraire, à savoir le fleuve Mississippi jusqu’à la ville de La Nouvelle-Orléans en Louisiane. J’ai passé un merveilleux moment sur cette splendide rivière historique, un réel coup de cœur, où il était possible de dormir sur une immense plage tous les soirs. Étonnamment, il était très facile de naviguer et de partager la rivière avec les bateaux et les barges. Les nombreux alligators croisés dans les bayous m’intimidaient suffisamment pour que je refuse de me baigner dans l’eau sédimenteuse malgré les 40 degrés ambiant et l’humidité suffocante.

Après des mois à pagayer au cœur des États-Unis, nous avons finalement atteint le golfe du Mexique en navigant sur la rivière Atchafalaya. C’est là que mes amis Jim Emmanuel (pompier à la retraite du Montana) et Park Neff (pasteur baptiste de l’État du Mississippi) ont terminé leur voyage, c’était prévu ainsi. Mon épopée n’était pas encore terminée. J’ai poursuivi seul la dernière étape de mon aventure.

(Martin Trahan avec Jim Emanuel et Park Neff.)

L’immensité du Golfe du Mexique a été contemplée sur les derniers 1600 kilomètres de cette extraordinaire odyssée. Je me suis laissé porter pour la poésie des couchers de soleil qui laissaient naître des ciels étoilés. La faune et la flore m’ont présenté leurs plus beaux spécimens. J’ai aussi dû être vigilant et me méfier des morsures de requins, serpents, araignées, alligators, crocodiles, sangliers et tiques. La saison des ouragans était à son paroxysme et je n’ai eu d’autre choix que de respecter la puissance de Mère Nature.

Le 10 octobre, j’étais à Panama City (Floride) lorsque l’ouragan Michael, de catégorie 5, a atteint des vents de 250 km/h lorsqu’il a touché terre. Il s’agissait de l’un des plus gros ouragans de tous les temps aux États-Unis. Pendant 15 minutes, lorsque le toit s’est déchiré, j’ai cru que c’était de cette façon que j’allais mourir et que ma vie allait se terminer. C’était réellement effrayant, un désastre total, beaucoup de gens sont morts et d’autres ont tout perdu. Le lendemain, c’était vraiment triste de me réveiller et de réaliser que ce n’était pas un rêve. Je voudrais remercier la famille Erdman qui a fait 1h30 de route pour venir me chercher à Apalachicola et m’a ramené chez elle deux jours avant le passage de l’ouragan. Leur générosité et leur hospitalité m’ont probablement sauvé la vie. Tout au long de cette expédition, les Américains ont été formidables, accueillants, gentils et si généreux. J’ai eu l’occasion d’être à mon tour généreux en demeurant auprès d’eux pendant 10 jours pour aider à dégager les décombres. Ça n’a pas été facile de remonter dans mon canot suite à cette terrible épreuve.

Il m’a fallu un certain temps avant de réaliser que j’étais aux prises avec un syndrome de stress post-traumatique. À peu près au même moment, j’ai aussi réalisé que j’avais une phobie des requins et j’en ai vus beaucoup s’approcher de mon embarcation. Je ne me sentais pas courageux du tout. Toutefois, j’éprouvais beaucoup de plaisir à naviguer avec les dauphins qui m’accompagnaient parfois sur quelques kilomètres. J’étais rassuré avec cette impression qu’ils veillaient sur moi.

Le 4 novembre 2018 à 9h13, ce voyage épique s’est achevé sur les côtes des Keys en Floride, plus précisément à Key Largo après avoir pagayé dans les Everglades infestés de pythons et de crocodiles avec mon coéquipier Scott Hite. Il ne saurait y avoir d’endroit plus paradisiaque et paisible pour célébrer la fin de l’aventure d’une vie, à 7500 km de là où tout a commencé il y a sept mois. Après quelques jours de repos et de confort, je suis retourné chez moi à Montréal, la tête remplie d’histoires, d’images et de souvenirs qui resteront à tout jamais gravés dans mon cœur.

J’ai planifié cette expédition et j’en ai rêvé pendant plus de 18 mois. Sans mes commanditaires, les ‘’River angels’’, les gens qui ont pagayé avec moi et ma famille, cette aventure de rêve n’aurait pas été possible. Un énorme merci. Trop peu de gens se permettent de partir à l’aventure. Mais ceux qui le font savent à quel point l’expérience est bénéfique.

Je travaille avec des personnes âgées confrontées à la maladie, à l’isolement et à l’approche de la mort; ceux qui ont mené une belle vie, qui sont satisfaits de la façon dont ils l’ont vécue et qui n’ont pas de regret, réussissent à l’apprivoiser avec une belle sagesse et beaucoup moins d’angoisse.

Je me rapproche du bonheur à chaque aventure. Pour moi, faire du canot c’est relaxer, rêver, prendre mon temps, admirer ce que la faune et la flore ont de plus joli à me présenter. Traverser un pays qui n’est pas le mien m’a amené à devoir m’adapter à des réalités nouvelles et différentes de ce que j’ai auparavant connues. La nature peut se montrer d’une grande douceur, mais elle est aussi capable de se mettre en colère, il faut savoir la respecter. Les États-Unis m’ont proposé des paysages à couper le souffle et d’une grande diversité : ses océans, son golfe, ses fleuves, ses rivières, ses lacs, ses plages, ses montagnes, ses déserts, ses plaines et ses bayous. Les nombreuses rencontres ont été riches et précieuses. Les gens ont été d’une extraordinaire gentillesse et extrêmement généreux. Ils m’ont accueilli dans leur pays avec beaucoup de délicatesse et d’hospitalité en me traitant comme si je faisais partie de leur famille. Les souvenirs liés à ces anges de la rivière resteront à jamais gravés dans ma mémoire. Tout cela me redonne espoir en l’humanité.

Avec la conclusion de l’aventure Coursing Through America, c’est une page importante de ma vie qui s’est tournée. Une page sur laquelle je m’étais attardée pendant des mois à tracer les lignes du projet qui me tenait tant à cœur. Le retour à la maison, quant à lui, a fait place à une longue période de convalescence. Un exercice considérable de me réadapter à la vie routinière m’attendait alors que j’étais psychologiquement épuisé.

 

Remerciements

Les entreprises Exped, MEC et NRS étaient trois de mes partenaires principaux et ont été sollicitées pour leur engagement à fabriquer des équipements performants et de haute qualité, capables de supporter les rigueurs de l’expédition. Coursing Through America est profondément reconnaissant pour leur aide dans le projet.

Prochaines aventures

En 2022, j’envisage pagayer le « Inside Passage » sur l’océan Pacifique de Olympia (État de Washington) à Skagway en Alaska, faire le portage de 53 km sur la Chilkoot trail pour finalement rejoindre Dawson City en pagayant la rivière Yukon. Il s’agira d’une aventure d’une centaine de jours.

 

En 2024, je traverserai la Russie en canot. Une aventure de 4000 km en 130 jours. Ce long voyage commencera à la frontière de la Mongolie, sur la rivière Selenge, qui nous mènera sur le mythique lac Baïkal. Après, nous prendrons la rivière Angara qui, un peu plus au nord, rejoindra la rivière Ienisseï. Cette épopée se terminera dans la mer de Kara, dans l’océan Arctique. La ville de Dikson est située au 73° Nord dans le cercle polaire arctique.

 

Instagram : @martin_trahan_canoeist

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