Dans le lichen de Charlevoix

  • Photos Jean-Simon Bégin

Photographe animalier de grand talent, notre collaborateur parcourt le Québec de part en part dans le but de croquer le portrait de nos plus belles bêtes. Dans ce récit personnel, il raconte son histoire d’amour avec le parc national des Grands-Jardins et son pourtour, lieux de ses incessants pèlerinages photographiques.

Mon histoire avec les Grands-Jardins remonte à fort longtemps. Comme plusieurs, j’ai fréquenté le secteur du Mont-du-Lac-des-Cygnes en sortie scolaire, puis par moi-même une fois adulte. Chaque fois que je me lance dans la grande côte qui mène à ces montagnes, j’ai l’impression d’entrer dans une forteresse où les massifs rocheux font office de remparts protégeant la vie sauvage, nordique. Ce n’est que plusieurs années plus tard que j’ai fait la connaissance d’un coin plus reculé qui, pour moi, est un des endroits les plus magnifiques de tout le Québec : le secteur Thomas-Fortin et la réserve faunique des Laurentides qui l’entoure.

Lorsque je me remémore mes premières aventures dans ce territoire où des arbres calcinés se dressent au milieu d’un tapis de végétation colorée, je pense aux brûlis que j’ai ensuite croisés au cours de mes expéditions à la baie James. Durant mon premier été de découvertes, j’y suis allé deux fois par semaine. Je quittais mon domicile en pleine nuit afin d’y arriver bien avant le lever du soleil. La route était en soi une aventure. Il y avait toujours quelque chose de nouveau. Sur place, je parcourais les différents secteurs à pied, histoire de ne pas déranger la faune et de réduire le bruit de mes déplacements.