Le bushcraft, ou l’art de vivre dans la nature

  • Photos Guillaume Rivest

Assis près du feu, la tête vidée de tout souci, je contemple la nature autour de moi. Mon ami Alexandre et moi venons de manger un des steaks les plus savoureux que j’ai eu la chance de déguster. Quelques épices et une cuisson sur la braise ont fait le travail. Alex m’annonce que c’est un peu ça, le bushcraft. Un peu surpris, je réalise que j’ai probablement été un adepte de cette approche depuis ma plus tendre enfance sans même le savoir.

Que fait-on lorsqu’on fait du bushcraft ? On allume des feux, on construit des abris sommaires, on apprend à cuisiner sur un feu de bois ou on sculpte ses ustensiles. Ayant grandi sur une immense terre familiale dans un village à proximité de Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue, j’ai passé ma jeunesse à faire ce genre d’activités dans la forêt qui entourait ma maison d’enfance. Sans en être conscient, je faisais du bushcraft à ma façon. Alexandre Nadeau, un très bon ami dans la fin vingtaine avec qui j’ai effectué plusieurs expéditions, m’explique que c’est une façon de décrocher dans la nature. C’est d’être à l’écoute du monde naturel qui nous entoure et d’utiliser ce dernier à bon escient.

Cet ami m’a amené à parfaire mes connaissances sur cette pratique inspirée à la fois des coureurs des bois et des traditions autochtones. Formé en tourisme d’aventure, Alex s’est rapidement passionné pour cette forme de plein air très simple et très épurée. Il a dévoré quantité de livres et écouté d’innombrables vidéos à ce sujet. Sa maîtrise, il l’a toutefois perfectionnée en passant un nombre incalculable d’heures en forêt.

Afin que je puisse plonger dans cet univers, il m’invite sur son terrain familial, aux abords de la rivière Jacques-Cartier, près de Tewkesbury. Sur place, nous séjournons dans une tente prospecteur montée sur une plateforme faite de planches de pin qu’il a lui-même sciées. Pendant trois jours, nous marchons dans les forêts environnantes, revenant régulièrement nous cuisiner un repas sur feu de bois. Le soir, lecture et sculpture au bord du feu sont au programme.

Histoire de pousser notre longue fin de semaine à son paroxysme, nous avons construit un « sauna » durant notre dernière journée. Avec une corde que nous avons confectionnée avec des racines, quelques morceaux de bois et une bâche, nous avons assemblé un abri dans lequel nous avons placé des roches ardentes dans un vieux chaudron d’eau. Notre tipi de fortune a vite atteint une température étouffante malgré une température ambiante avoisinant le point de congélation. Après une telle exposition à la chaleur, une saucette est de mise. Pour se rafraîchir, rien de mieux que les eaux glaciales de la rivière. Une expérience inoubliable.