Présenté par le MELCCFP
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Des espèces en danger au Québec

Abritant plus de 800 espèces fauniques vertébrées, le Québec est riche de sa nature. Cependant, certaines sont actuellement en situation précaire.

Marcher dans le bois « die stat* »

  • Parc des Sommets (Bromont) crédit Simon Diotte

Un contact régulier avec la nature fait désormais partie des saines habitudes de vie à adopter, au même titre que bouger, bien manger et dormir suffisamment.

Prescrire l’exposition à la nature comme on prescrit un médicament ? Il y a trois ou quatre ans, la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, médecin de famille et présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, n’y croyait pas. « J’étais sceptique. Est-ce que les bienfaits pour la santé humaine sont démontrés ? Qu’est-ce que la littérature scientifique en dit ? » se demandait-elle. La curiosité est un moteur fort ; peu après, elle épluchait des dizaines d’études sur le sujet dans le cadre d’une maîtrise en environnement et développement durable.

Le doute a depuis fait place à l’enthousiasme. La médecin de famille a d’ailleurs contribué à mettre sur pied le premier programme de prescriptions d’exposition à la nature au Québec : Prescri-Nature, lancé en mai dernier. Cela signifie que les Québécois peuvent désormais sortir du bureau d’un professionnel de la santé agréé avec, en poche, une indication formelle d’aller jouer dehors. « Le but n’est pas de médicaliser l’exposition à la nature, mais bien de souligner que ça fonctionne, nuance-t-elle. C’est une action simple, peu coûteuse et facilement accessible. »

Comment ça marche ?

La prescription de la nature ressemble à bien des égards à celle d’une séance d’activité physique. Pour en tirer des bénéfices santé, une dose minimale d’exposition est requise. « Les bienfaits de la nature sur la santé mentale, le stress et la santé cardiaque se font ressentir après au moins 20 minutes d’exposition quotidienne en continu », indique la Dre Pétrin-Desrosiers. Pas besoin de suer à grosses gouttes ; une simple balade contemplative fait l’affaire. « Qu’on soit une personne sportive ou aux prises avec des limitations motrices, les effets positifs sont là. »

Tout un chacun a sa propre définition de la nature. Le citadin qui habite le quartier montréalais d’Hochelaga-Maisonneuve, où pratique d’ailleurs la médecin de famille, n’a sûrement pas les mêmes attentes que le lecteur de Géo Plein Air. Comment en tenir compte dans une logique de prescription ? « Que la nature soit sauvage ou altérée par l’humain, l’important est d’avoir l’impression d’un contact significatif avec elle. Il faut déconstruire l’idée qu’un parc urbain est insuffisant, que la nature, c’est nécessairement le parc national du Mont-Tremblant », explique-t-elle.

Une autre perception à changer : celle du « plus c’est mieux ». Les recherches démontrent que les personnes qui passent de deux à trois heures par semaine dans la nature rapportent un meilleur état de santé et de bien-être. Au-delà, il ne semble pas y avoir de bénéfices supplémentaires – outre celui d’éprouver du plaisir, il va sans dire. « De toute façon, atteindre cet objectif hebdomadaire constitue un réel défi pour plusieurs, souligne l’experte. Personnaliser la prescription selon sa situation, identifier les obstacles au changement et prévoir du temps à son agenda sont autant de manières de le relever. »

Il faut insister, le jeu en vaut la chandelle. Parlez-en aux Japonais, qui pratiquent le bain de forêt (ou shinrin-yoku) depuis maintenant plusieurs décennies. Les Nippons – comme plusieurs peuples autochtones nord-américains – vénèrent les forces qui animent la nature, celle-là même dont ils considèrent la santé comme indissociable de la leur. « La plupart des interventions cliniques ont des effets secondaires, aussi mineurs soient-ils. Ce n’est toutefois pas le cas de l’exposition à la nature. Et c’est ce qui la rend si fascinante », conclut la docteure.

 

Des zones d’ombre

Si la littérature scientifique sur l’exposition à la nature est foisonnante, elle demeure néanmoins imparfaite. Par exemple, il n’existe pas d’analyses coûts-bénéfices de cette approche. « Ce sont des études longues, complexes et coûteuses à réaliser. Cela signifie que nous sommes incapables de chiffrer les économies engendrées à l’échelle collective, ce qui ferme la porte au remboursement de ces soins par la Régie de l’assurance maladie du Québec », regrette la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers. Autre angle mort : nous ignorons si des programmes comme Prescri-Nature – il en existe des équivalents en Colombie-Britannique, notamment – sont efficaces à long terme. « À l’heure actuelle, je ne peux pas dire à mes patients que le fait d’aller s’asseoir 20 minutes par jour sur un banc de parc “équivaut” à prendre un médicament contre l’hypertension », illustre-t-elle.