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La Gaspésie au long cours

La Gaspésie, c'est “le” terrain de jeux parfait pour s’initier aux grandes expéditions avec nuitées en refuge.

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Osez les zecs des Laurentides

Avis aux canoteurs, kayakistes, randonneurs et adeptes de vélo de montagne et de gravelle, c’est le temps de défricher ces territoires naturels que sont les zecs.

L’art et la science de la randonnée au long cours

  • Crédit Simon Diotte

Le témoignage d’une nouvelle vétérane du sentier des Appalaches ouvre une fenêtre inédite sur l’art de se préparer à la longue randonnée.

Suivre au jour le jour les tribulations de Magalie Hurtubise sur le sentier des Appalaches a été l’un des feuilletons de l’été de l’auteur de ces lignes. La randonneuse de Québec, qui a entamé son périple en mars dernier, a battu la semelle sur les quelque 3500 km du célèbre sentier de thru-hiking de l’est des États-Unis. Chaque jour, elle a fait rapport de sa progression par l’entremise du réseau social pour sportifs Strava. « Le kudo – l’équivalent des « J’aime » sur cette application – en fin de journée, il fait du bien ! » confiait-elle en entrevue au début de septembre dernier, quelques jours à peine après avoir terminé son aventure au sommet du mont Katahdin, dans le Maine.

L’exploit physique est considérable. Beau temps, mauvais temps, Magalie Hurtubise a parcouru une vingtaine de bornes sur ce sentier de longue randonnée analogue à un manège de montagnes russes. « Il n’y a pas de plat, on monte et on descend tout le temps. Cela signifie qu’on taxe sans cesse son corps », raconte celle qui a dû composer avec des bobos six mois durant. De fait, ces derniers l’ont même contrainte à ralentir la cadence et à prendre des pauses, ce qui l’a ensuite obligée à faire l’impasse sur certaines sections – elle n’a jamais vu le New Jersey, par exemple.

« En 175 jours de marche, j’ai franchi environ les trois quarts du sentier. Même si j’avais pour objectif de le couvrir dans son intégralité, j’éprouve tout de même une grande fierté au bout du compte », affirme-t-elle. Ces sauts de puce avaient également un aspect utilitaire : ils lui ont permis de progresser au même rythme que les randonneurs rencontrés par hasard. « L’adage veut qu’il faille faire sa propre randonnée. Pour ma part, j’estime que partager ses hauts et ses bas avec une trail family (un groupe de randonneurs qui se forme naturellement sur les sentiers) vaut bien quelques compromis. » Bon an mal an, approximativement 4000 personnes s’élancent sur le sentier des Appalaches.

Tout sauf santé

Les randonneurs au long cours font un peu figure de parents pauvres en sciences du sport. Résultat : le savoir nécessaire en matière notamment d’entrainement se transmet de bouche à oreille au sein de cette petite communauté, non sans laisser une certaine place à l’apprentissage par essais et erreurs. Magalie Hurtubise en témoigne d’ailleurs. « Courir ou lever de la fonte en salle d’entrainement ne prépare pas à marcher avec un sac à dos d’une quinzaine de kilos. Je peinais à trouver ma vitesse de croisière lors des premiers jours sur le sentier, qui ont été pénibles », se souvient-elle.

N’empêche, quelques précieuses recherches ont été publiées au fil des années. Entre autres, une étude de cas sur un randonneur ayant complété le Pacific Crest Trail, qui s’étire sur près de 4300 km, est parue dans les pages de la revue savante Physiological Reports en 2021. On y apprend qu’après 112 jours d’effort, le sujet dans la mi-vingtaine avait hypothéqué sa santé cardiovasculaire. L’état de la paroi interne de ses vaisseaux sanguins était semblable à celui de personnes âgées ou susceptibles de subir une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral.

Les chercheurs expliquent cela en pointant du doigt l’épuisement et la mauvaise qualité de l’alimentation, composée essentiellement de nourriture dense en énergie (barres énergétiques, beurre d’arachide, nouilles instantanées…). Qu’en penser ? « Il est vrai que les carences en vitamines et minéraux sont presque inévitables tant les aliments frais sont rares sur le sentier, atteste Magalie Hurtubise. Aussi, il faut s’enlever de la tête que la randonnée au long cours est quelque chose de sain. Nous sommes dans l’excès le plus complet. »

Et le retour?

Les anglophones parlent de post-trail blues, qu’on pourrait traduire grossièrement par « cafard d’après-randonnée ». Le phénomène, peu documenté, n’en demeure pas moins réel. Après une épreuve d’envergure, comme une longue randonnée mais aussi un ultra-trail ou un triathlon longue distance, comment effectuer le retour à la normale ? Les quelques rares études menées sur ce sujet tendent à montrer qu’avoir une idée, même vague, de ce dont aura alors l’air le quotidien avec ses nouveaux défis est aidant.