La botte de Terre-Neuve
Si l’Europe a sa botte italienne, Terre-Neuve possède également la sienne : la péninsule de Burin, une excroissance terrestre de 130 km qui botte l’archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ses paysages de toundra maritime se découvrent bottes aux pieds.
En février 1942, une tempête hivernale provoque le naufrage de deux navires de guerre américain, le USS Truxtun et le USS Pollux, dans la baie de Chambers, entre la petite ville de St.Lawrence et la communauté de Lawn. Quelque 200 marins périssent dans les eaux glaciales engluées de pétrole de la crique, mais l’intervention énergique des Terre-Neuviens permet d’en rescaper 186.
On plonge dans cette histoire à la fois tragique et héroïque en parcourant, à partir de St. Lawrence, les sentiers de la Bravoure (Trails of Valour), qui comptent une dizaine de kilomètres (aller seulement) et longent les impressionnantes falaises côtières. S’il ne reste plus trace des épaves, les paysages absolument fantastiques des lieux où la mer devient turquoise sous les effets des rayons du soleil sont éblouissants de beauté.
Dans la même localité, un relief détonne dans le paysage. C’est le cap Chapeau Rouge, dont le nom fait référence à la roche rouge orangé de son sommet dénudé. Un sentier linéaire de 5,2 km (aller-retour) mène à cette colline de 226 m d’altitude qui surplombe l’océan Atlantique. Sa signature particulière sur le littoral de Terre-Neuve servait jadis de point de repère à la navigation.
En poursuivant vers l’est sur la route circulaire 220, qui ceinture le pied de la botte, on arrive dans la municipalité de Burin, qui se distingue par sa profonde baie protégée par un chapelet d’îles. Les paysages y sont remarquables. Le meilleur point de vue pour les admirer, c’est au belvédère Cook, à 110 m d’altitude, accessible par un sentier de 2 km. De là-haut, on peut cartographier la côte comme l’a fait l’explorateur et cartographe britannique James Cook de 1763 à 1767.
Autre façon de connecter avec la nature locale : l’entreprise Eco Burin Tours transporte les visiteurs en bateau sur l’île de Burin, où vivait autrefois une communauté de pêcheurs. Il subsiste peu de traces de cette époque, mais la randonnée sur l’île ouvre une fenêtre sur la végétation du littoral terre-neuvien et révèle quelques anecdotes historiques.
L’immense baie labyrinthique de Burin, abritée des vents, est un havre sûr pour le kayak de mer. Le hic, c’est qu’il n’existe pas sur place d’entreprises qui font des sorties guidées. Pour ma part, j’ai réussi à me trouver une volontaire terre-neuvienne, Alison, pour m’accompagner lors d’une sortie de quelques heures, mais j’avais de bons contacts locaux. C’est l’avantage d’être journaliste. Cependant, le propriétaire d’Eco Burin Tours, Mike Brennan, souhaite ajouter un volet plein air à ses activités. À suivre.
Expo 67 à Terre-Neuve
Savez-vous que des vestiges d’Expo 67 se trouvent à Terre-Neuve ? Après l’exposition universelle montréalaise, le pavillon de la Yougoslavie a été déménagé pièce par pièce à Grand Bank, sur la péninsule de Burin ; ce bâtiment abrite aujourd’hui le musée provincial des gens de la mer (Provincial Seamen’s Museum). Un autre pavillon, celui de la Tchécoslovaquie, a été déménagé à Grand Falls-Windsor, au milieu de l’île de Terre-Neuve, et est devenu un centre artistique et culturel.
En bref
Des randonnées en bord de mer qui en mettent plein la vue.
ATTRAIT MAJEUR
La beauté des falaises côtières.
COUP DE CŒUR
L’hébergement expérientiel dans des minimaisons au bord de l’eau dans la ville de Burin.
Pour plus d’informations: legendarycoasts.ca




