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Activité aquatique, Été, Hors-Québec

Aventures martiniquaises

07-12-2015

Ces drôles de yoles
Trente ans que la Martinique célèbre la mer et la navigation avec son festival annuel de yoles, une compétition opposant ces voiliers traditionnels à coque ronde qui semblent voler sur l’onde translucide. Mais ici, à Sainte-Anne, la compétition est surtout une (autre) occasion pour les Martiniquais de se rassembler sur la plage, d’admirer bateaux et équipages et de festoyer en famille.

L’année durant, on prépare ces yoles d’une dizaine de mètres de long et on entraîne l’équipage à l’exercice d’une technique de navigation très physique. Chacun des « coursiers » à bord utilise le poids de son corps sur la rame (le bwa drésé : bois dressé), dans différentes positions, pour équilibrer la yole sous les ordres du barreur. L’important, semble-t-il, c’est le synchronisme des mouvements qui s’orchestrent au diapason du vent et des vagues.

Même si l’événement demeure amical, on ne peut s’empêcher de sentir l’effervescence émanant de cette course très populaire, qui rassemble jusqu’à 20 000 sympathisants sur la pointe Marin, à Sainte-Anne, et qui engage la participation de généreux commanditaires locaux.

Mais c’est surtout l’occasion, pour les habitants de l’île, de se réapproprier une tradition, mieux, un « art » : celui de réinventer, dans un esprit sportif et convivial, le maniement de ces drôles de bateaux qu’on utilisait autrefois pour la pêche en mer. Aujourd’hui, si le geste se perpétue, c’est pour la beauté de la chose et dans un esprit compétitif qui ne perd jamais le sourire.

Repères
Le Martinique Yole Festival a lieu chaque année à la fin de mai, sous l’égide du Comité martiniquais du tourisme. L’événement est gratuit.
www.lamartinique.ca

À l’assaut de la montagne Pelée
L’origine de son nom fait encore débat. L’appelle-t-on « Pelée » parce que sur son sommet la végétation a été rasée sous l’effet des nombreuses éruptions volcaniques qui ont secoué  ce point culminant de la Martinique ? Ou fait-il référence à la divinité caraïbe Pelé, déesse du feu ? Ce qu’on sait, c’est que les Français qui débarquent sur l’île en 1635 la trouvent encore fumante des derniers événements volcaniques, lesquels ne cessent de se reproduire tout au long de son histoire. Le plus tragique a lieu un beau matin de 1902, emportant dans la lave les 30 000 âmes de Saint-Pierre, une ville proprette et affairée, qui a été saisie d’effroi par la fureur et la soudaineté de l’éruption. (Pour la petite histoire, un des deux survivants de la tragédie croupissait misérablement au fond d’un cachot).

Mais, pour l’heure, pas de danger sur cette montagne, hormis les faibles risques de se tordre une cheville sur ses sentiers rocheux à la verticale. L’ascension est assez raide, mais offre très vite une vue dégagée sur la vallée et l’actuelle ville de Saint-Pierre, qui a rejailli des cendres.

La végétation luxuriante à la base s’éclaircit à mesure qu’on grimpe les 1295 m. À ce stade, les grands vents battent la chamade dans un environnement désolé et brumeux. Pas assez, cependant, pour manquer d’apercevoir le vrai sommet, qui culmine à 1395 m, un cap rocheux acéré qu’on atteint à la force des bras en ascension verticale. Aussitôt que s’éclaircissent les nuages, on devine au loin la mer des Antilles sur laquelle dansent de minuscules bateaux, toutes voiles dehors.

Repères
L’aller-retour vers le sommet ne prend pas plus de trois heures. On peut recourir aux services d’un guide local pour profiter de ses connaissances sur l’histoire de la montagne Pelée, mais aussi sur la flore et la faune qui s’y trouvent.
Victor Honorin (guide de montagne) : 06 96 35 37 79

Canyonisme dans les gorges de la Falaise
Les belles plages dorées de l’île antillaise, on aime. Mais après quelques heures à faire la planche sur le sable, il nous vient des picotements aux pieds. Le temps est alors venu de tourner le dos à la mer pour s’enfoncer dans la jungle tropicale.
Direction Ajoupa-Bouillon, petite localité rurale adossée aux contreforts de la montagne Pelée, cernée de plantations de bananes et de canne à sucre. En plein cœur de la jungle, la rivière aux Falaises se fraie un étroit passage entre deux parois abruptes. Paysage saisissant.

Sur la berge, un guide attend le touriste pour l’aider à marcher dans le lit de la rivière, entre les gorges, en s’immergeant parfois entièrement, mais le plus souvent à mi-cuisses, pour atteindre une cascade spectaculaire.

Zéro difficulté sur le parcours ; quand il faut y mettre les mains pour garder l’équilibre, le guide vous tend la sienne. Parvenu à la cascade (5 m de haut), une petite douche fraîche s’impose dans la piscine naturelle. Le retour au point de départ se fait par le même sentier aquatique, mais avec un petit défi pour clore l’activité : on grimpe sur une falaise, à environ 2 m au-dessus de la rivière, et on plonge, sans y penser, dans un bassin assez profond pour écarter tout danger.

Nage, crapahutage, arrosage… l’activité est franchement ludique, mais surtout, elle donne à voir une autre facette de l’île, la nature exubérante et sauvage de l’arrière-pays antillais. Après ça, on peut retourner à la position horizontale sur une des plages de rêve qui bordent la côte. Sous le soleil exactement.

Repères
L’activité dure une heure et demie et le tarif est de 7 euros (environ 10 $). Aucune réservation nécessaire, un guide est sur place tous les jours. Pas de sortie en cas de pluie. Prévoir un costume de bain et des sandales de marche. Pour trouver le site, suivre les signalisations à partir du village d’Ajoupa-Bouillon. 05 96 53 36 53

Plongée en eau chaude
Quand vient le temps d’aller à l’essentiel, mieux vaut descendre au fond des choses. Au fond de la mer des Caraïbes, par exemple. Avec Fabrice Jay, d’Alpha Plongée, c’est encore mieux. Parce qu’avec lui, le côté vaguement militaire des sorties subaquatiques « à la française », on oublie. L’approche est celle du plaisir relax et de la convivialité. Comme on aime.

Sur les 18 spots de plongée accessibles de Grande Anse d’Arlet (sud de l’île), la grotte aux Couleurs me surprend par sa proximité du rivage et par la multitude de ce que j’y découvre entre les grands blocs immergés. Des poissons à gogo : perroquets, chirurgiens, papillons, sergents majors furètent entre coraux, éponges et oursins. En solitaire ou par bancs entiers. Sans compter un barracuda qui passe par là avec son air mal engueulé, et une raie pastenague, ma foi, de belle taille, que je n’approche pas trop, ne sachant si je dois m’en méfier ou pas. Idem pour la serpentine que j’observe sous mes palmes et que je confonds avec un serpent de mer à cause de sa morphologie trompeuse. « Inoffensive », me dira Fabrice un peu plus tard.

Deux ans que je n’avais pas joué avec ma veste de flottaison et, pourtant, parvenir à l’équilibrer me revient sans trop de mal. Faut dire qu’en eau chaude, la plongée avec bouteille, c’est du gâteau. Et ici, en Martinique, je viens de faire une des plus belles plongées de ma carrière de certifiée « Open Water ».

S’immerger dans l’univers sous-marin, c’est revendiquer la légèreté comme règle de conduite et la transparence comme éthique de vie. Rien ne peut mentir sous l’eau. Tout ce qui s’y passe est régi par une loi impitoyable et inaltérable : vous êtes une proie en devenir. En attendant de croiser votre ultime prédateur, passez les dernières minutes à contempler, en contre-plongée, l’infinie beauté du monde.

Repères
Alpha Plongée, à Grande Anse d’Arlet, propose des sorties (baptême, rando d’exploration), mais aussi des formations complètes reconnues par la Fédération française d’études et de sports sous-marins. Réservation nécessaire.
05 96 48 30 34 ou www.alphaplongee.com

Quelques liens utiles
Un hébergement : le Relais de la Maison Rousse, une auberge au cœur de la forêt tropicale, avec un accès direct aux sentiers. L’accueil y est chaleureux, et la table, aux accents locaux.
05 96 55 85 49 ou www.maisonrousse.com

Un repas martiniquais authentique : Chez Carole, au marché public de Fort-de-France,
pour une cuisine familiale savoureusement épicée.
Un guide aussi compétent que sympathique, qui vous emmène dans les secrets de l’île : Michel Labeau.
06 96 26 47 37 ou mike.labeau@wanadoo.fr

De l’info pratique pour préparer votre séjour : Comité martiniquais du tourisme.
www.lamartinique.ca

 

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