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Destinations, Hors-Québec

Route de la Soie : Qui fait ça?

02-10-2012

Si vous avez suivi mes pérégrinations cyclistes sur la Route de la Soie, vous vous demandez peut-être qui fait ce genre de voyage ? Peu d’entreprises de tourisme offrent en effet des parcours transcontinentaux à vélo, et celle avec qui je suis parti (Tour d’Afrique ou TDA pour les intimes, basée à Toronto) est certainement l’une des rares à les proposer. En tout cas, c’est la seule que j’ai trouvée qui en fait une spécialité: Le Caire – Le Cap pour l’Afrique; Shanghai – Istanbul pour traverser toute l’Asie; Saint-Pétersbourg – Lisbonne pour l’Europe; ainsi que quelques autres.

En s’adressant aux cyclistes du monde entier, TDA rassemble une cinquantaine de personnes chaque année pour traverser l’Afrique, et une quinzaine tous les deux ans pour l’Asie. Contrairement à ce que je croyais initialement, l’Asie est plus difficile que l’Afrique.

Et qui sont ces valeureux qui s’engagent dans une telle aventure ? D’abord, tous les âges sont représentés et cette année, on allait de Karolina, la Polonaise de 26 ans qui a laissé son fils de 2 ans à son père le temps d’un mois en Asie centrale et en Iran, jusqu’à Duddley l’Australien de 65 ans, qui n’hésite pas à pédaler seul plusieurs jours dans son bush natal en tirant 20 litres d’eau sur sa remorque, et qui a facilement complété la traversée de l’Asie malgré trois chutes. Naturellement, il y a des femmes, et cette année, elles représentaient environ 30 % des cyclistes. Là aussi, certaines avaient plus de 60 ans.

Côté forme physique, il y a certainement de superbes rouleurs qui terminent leur journée vers midi et trouvent parfois les 120 km quotidiens un peu courts. Dans cette catégorie, j’ai vu chaque jour s’éloigner dans la brume matinale le Québécois Pascal qui, ces dernières années, roulait plus de 20 000 km par année.

La distance n’était jamais une considération non plus pour deux Ironman cinquantenaires accomplis, ni pour l’Américaine Candice qui a roulé son premier "century" (160 km) à l’âge de 12 ans avec son père, ou l’Allemand Sigfried qui participe chaque été au marathon des Dolomites, avec sept cols et 4 200 m d’ascension sur 138 km.

J’allais oublier la Californienne Deborah, qui m’a expliqué en détails, en sortant de Kashgar, combien elle avait adoré le Paris-Brest-Paris (la plus célèbre des randonnées longue distance – 1200 km d’une traite) au point de l’avoir fait une deuxième fois l’année dernière.

Si c’est un privilège de côtoyer ces cyclistes performants et d’en glaner quelque conseil, il n’est pas du tout nécessaire d’atteindre de tels niveaux pour s’embarquer dans une aventure de cette sorte. Un bon tiers des participants étaient des cyclistes ordinaires, comme moi, qui aiment le vélo et le voyage sans nécessairement rouler régulièrement et intensément.

En fait, aimer le voyage, être prêt à subir certains de ses inconforts dans des régions aux infrastructures touristiques rudimentaires et être ouvert à l’imprévu sont des éléments plus importants pour réaliser l’un de ces voyages. Si on aime le vélo, on peut s’entraîner un trimestre avant le départ pour être plus à l’aise. Et de toutes façons, en roulant par exemple à 20 km/h sur le plat, on fait du 18 km/h en moyenne et il faut donc de 6 à 7 h pour compléter une étape de 120 km.

En été, quand il fait jour pendant 16 ou 18 heures, il reste du temps pour s’arrêter en chemin, se reposer, visiter un village, communiquer avec ses gens. Et alors que certains arrivaient vers midi, en général bien fatigués, d’autres entraient au camp souvent après 16 h, bien en forme grâce aux nombreux arrêts et rencontres en chemin. S’il y avait des rythmes très différents, j’ai trouvé par contre un trait commun entre tous: une belle énergie et une bonne ténacité.

Alors si ce genre de périple vous attire, et que vous avez le goût du voyage et du vélo, ne pensez pas qu’il est réservé aux athlètes. Préparez-vous et embarquez !

Quant à moi, c’est à mon tour de débarquer du vélo pour cette saison, et je mets ici fin à mon blogue. Je remercie tous ceux qui m’ont suivi, et particulièrement ceux qui m’ont encouragé et fait part de leur intérêt pour ce voyage.

Bonne fin d’année à tous !

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