Boissons chaudes à la rescousse

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On s’est probablement tous déjà buté à une gourde d’eau gelée, incapable d’assouvir sa soif en randonnée hivernale. Pour éviter ce désagrément, les boissons chaudes détiennent la palme. En plus d’hydrater le randonneur assoiffé, elles procurent le réconfort recherché par temps froid. Or qui dit boisson chaude dit bon thermos, bonne bouteille isotherme. Afin de ne pas se retrouver avec une boisson plus tiède que chaude, le choix d’un bon équipement est de mise. Vient ensuite la décision du liquide à y verser. Ce dernier accomplira plusieurs fonctions. Bien sûr, l’objectif principal est de s’hydrater, mais cette boisson peut aussi réchauffer, agir à titre de carburant en y intégrant des glucides, et même fournir des électrolytes, notamment du sodium, via l’ajout de sel.

Mission hydratation

Bien qu’on transpire généralement moins en hiver qu’en pleine canicule, il arrive qu’on soit trop habillé et qu’on soit tout de même en sueur. Il est donc primordial de boire même si la sensation de soif est moins grande. En outre, l’air hivernal, froid et sec, provoque une perte d’eau par la respiration (vous savez, ce petit nuage que vous expirez lorsque vous respirez par temps froid). Les boissons chaudes à l’effet réconfortant pourraient contribuer à une meilleure hydratation (une boisson appréciée au goût et en température incitera à s’hydrater davantage). Visez un minimum de 250 ml de liquide bu par heure, idéalement autour de 500 ml, selon l’effort fourni. Boire par petites gorgées fréquentes (toutes les 15 à 20 minutes) aidera à mieux absorber le liquide bu. Comme l’alcool déshydrate, troquez le vin chaud pour une autre boisson chaude savoureuse (comme la recette de chocolat chaud proposée à la page suivante).

Non à l’hypothermie

Le corps est comparable à une fournaise, et pour que celle-ci soit bien fonctionnelle, il est important de l’approvisionner adéquatement en eau et en collations. Un corps déshydraté aura plus de difficultés à maintenir sa température corporelle. En outre, le fait de grelotter aura comme conséquence d’augmenter la dépense énergétique. Pour toutes ces raisons, il est fortement recommandé de partir en emportant des collations et suffisamment d’eau ou de boissons hydratantes pour éviter d’en arriver à ce point. Comme la sensation de soif est moins nette par temps froid, il peut être judicieux d’appliquer un plan d’hydratation qu’on suivra indépendamment des signaux habituels de soif.

Sucres et sel en bonus

Au-delà de l’hydratation, l’ajout de certains ingrédients à votre boisson contribuera à vous donner l’énergie nécessaire pour bouger (glucides/sucre) et vous aidera à mieux retenir le liquide bu, donc d’avoir moins envie d’uriner (sel). Du côté sucré, le jus de pomme chaud est un champion pour s’hydrater et carburer du même coup. Quant aux apports de sel, ils peuvent provenir des bouillons salés, qui ont aussi la cote quand il fait froid. Dans tous les cas, il est pertinent d’évaluer ses besoins pour déterminer la boisson de choix :

  • activité de moins de 1 h 30 : de l’eau suffit ;
  • activité intense et/ou de plus de 1 h 30 : optez pour une boisson sucrée, qui fournira l’énergie nécessaire à soutenir votre effort ;
  • tendance à réduire l’apport hydrique pour ne pas avoir envie d’uriner trop souvent : considérez ajouter du sel ou essayer les bouillons salés.

Que ce soit pour vous hydrater, vous réchauffer, vous énergiser ou toutes ces réponses, envisagez de vous munir d’une bonne bouteille isotherme pour l’hiver et de ne plus partir sans votre boisson chaude préférée. Puisez votre inspiration dans les pages suivantes !

Collations antigel

En ski de fond, en raquette ou en randonnée hivernale, il est bien de traîner sur soi des collations pour refaire le plein d’énergie en cours de route. Les boissons chaudes sucrées sont une bonne solution pour y arriver, mais si vous souhaitez compléter avec des aliments solides, portez une attention particulière à vos choix. Qui ne s’est pas déjà cassé les dents sur une barre dure comme de la roche ou des bonbons gelés ? Frustrant, quand on a besoin de carburant. Optez pour des aliments qui garderont une texture agréable en bouche malgré le mercure sous zéro. Quelques suggestions :

  • barres de fruits Xact (ou équivalent) ;
  • boules d’énergie maison (qui durciront moins si cuisinées à base de beurre d’arachide ou d’amande) ;
  • dattes medjool (qui constitueront une collation plus rassasiante – pensez longues randonnées – si elles sont farcies d’un beurre de noix) ;
  • craquelins ou bretzels (pour qui a la dent salée).

 

Astuce supplémentaire : plutôt que de conserver vos collations dans votre sac à dos ou les poches de votre manteau, mettez-les dans celles de vos vêtements plus près du corps, de façon à ce que votre chaleur corporelle réchauffe vos victuailles.

Vrai ou faux

Boire de l’eau très froide est néfaste pour la santé

FAUX. Peut-être avez-vous déjà entendu dire que boire de l’eau très froide pouvait être dangereux pour la santé et engendrer des problèmes, notamment sur la digestion. C’est un mythe qu’il faut déconstruire. Que votre boisson de choix soit glacée ou chaude, voire tiède, n’a aucun effet, ni bénéfique ni néfaste, sur votre santé. Le plus important est de maintenir un bon état d’hydratation. Buvez donc vos liquides – eau ou autres boissons – à la température qui vous incite le plus à les consommer.

 

Ève Crépeau est professeure adjointe de clinique à l’Université de Montréal et nutritionniste du sport pour le Club de foot Montréal et Baseball Québec.