Le point sur les mets lyophilisés
Bien que fort pratiques, les mets lyophilisés vendus dans les magasins de plein air remplacent-ils aussi bien un repas qu’ils le laissent entendre ? Que nous révèle leur valeur nutritive et à quels critères se fier pour s’y retrouver ?
Les mets lyophilisés ont la cote, notamment auprès de l’excursionniste en quête d’allègement de ses bagages. Légères et compactes (jusqu’à quatre fois moins lourdes que le poids original), ces solutions de rechange à des aliments entiers procurent un avantage considérable. Mais quand il est question de nourrir convenablement l’adepte de plein air, de lui donner l’énergie nécessaire à ses escapades, les mets lyophilisés remplissent-ils bien la tâche ?
Une activité de plein air requiert un carburant adéquat, surtout si elle se déroule sur plusieurs heures. Lorsque vient le temps de choisir des repas lyophilisés, voici quelques aspects d’intérêt à considérer.
Les glucides
Les glucides étant un carburant de choix pour les muscles, un bon apport sera indispensable pour refaire le plein d’énergie après une longue randonnée, ou lors d’un arrêt ravitaillement avant de repartir. Les glucides d’un plat proviendront principalement des féculents, par exemple du riz, des pâtes, du couscous ou des pommes de terre. Un mets lyophilisé qui n’en contient pas risque fort d’être insuffisant en carburant. Cela dit, si c’est le cas, rien n’empêche de compléter avec des sources externes de glucides, faciles à transporter (par exemple des tortillas souples pour servir avec un chili). L’idéal serait d’avoir un minimum de 45 g par portion. Notons que des légumineuses, tels des haricots, augmenteront l’apport en glucides d’un plat.
Les protéines
Bien que rarement utilisées à titre de carburant, les protéines ont d’autres atouts précieux, entre autres celui de procurer un effet de satiété, ce qui évite d’avoir faim trop rapidement après le repas. Les protéines sont aussi essentielles au maintien de la masse musculaire, qui peut se révéler une préoccupation lors de longs séjours en plein air où l’apport énergétique suffisant n’est pas assuré. Les protéines des mets lyophilisés proviendront principalement de la viande ou du poisson, et également des légumineuses. L’apport idéal par portion est d’un minimum de 20 g. On bonifiera le contenu protéiné d’un plat en lui ajoutant des noix ou des graines ou en l’accompagnant de viande séchée (jerky) ou de poisson en conserve.
Le sodium
Les produits ultratransformés, dont font partie les mets lyophilisés, sont reconnus pour être (souvent trop) salés. Dans le cadre d’une activité physique où on transpire généralement plus abondamment, les besoins en sodium sont légèrement accrus par les quantités perdues dans la sueur, et ce n’est donc pas un problème d’en consommer davantage. Attention cependant aux repas trop riches en sodium, qui risquent de donner soif, ce qui est moins pratique quand les liquides sont limités. Pour connaître la teneur en sodium d’un plat, on se fiera au pourcentage de la valeur quotidienne : si celui-ci est au-delà de 15%, c’est que le produit en contient beaucoup. Ce n’est pas alarmant, mais on tentera tout de même de sélectionner des mets qui n’abusent pas du sodium.
Alors que les produits de base seront toujours à privilégier, il demeure que les plats lyophilisés, bien qu’à mille lieues des aliments frais et entiers, s’avèrent fort utiles dans un contexte d’activité en plein air. Étant donné le vaste éventail qui s’offre maintenant, il est possible, la plupart du temps, de trouver son compte sur les plans du goût et des besoins énergétiques. Prendre le temps de décortiquer les étiquettes nutritionnelles permet de faire un choix plus éclairé.
Et le plaisir… ?
Qu’on fasse occasionnellement du plein air ou qu’il fasse partie de notre mode de vie, il ne faut pas négliger l’élément plaisir, qui n’est malheureusement pas indiqué dans le tableau de valeur nutritive. Cet élément, c’est le plaisir gustatif que procurera chaque bouchée, c’est, à la fin d’une longue journée, l’envie de se nourrir de ce qui figure au menu. Cet important critère contribuera grandement à la motivation de manger et à l’expérience en plein air dans son ensemble. Cela nécessite bien sûr des essais et des erreurs, mais gardons en tête que l’acte de manger ne se réduit pas qu’à la valeur nutritive du repas.
Lyophilisation vs déshydratation
Bien que le résultat final semble similaire, ces deux méthodes de conservation des aliments sont bien différentes. Comme dans le cas des tomates séchées au soleil, la déshydratation repose sur la chaleur pour éliminer 90 à 95 % de l’eau d’un aliment, mais celui-ci verra en même temps son contenu en vitamines hydrosolubles, comme les vitamines B et C, considérablement diminué. En ce qui concerne la lyophilisation, on remplace la chaleur par une congélation très rapide dans un appareil hermétique, où on fait ensuite le vide ; ce processus conserve mieux la valeur nutritive des aliments en plus d’éliminer jusqu’à 98 % de l’eau. Bien que plus efficace, la lyophilisation est plus coûteuse et moins accessible, comparativement à la déshydratation, qu’on peut réaliser soi-même à la maison avec l’équipement approprié.


