Publicité
Été, Hors-Québec, Randonnée

Sentier Kalalau – Randonnée au coeur d’une beauté légendaire

12-02-2019
Hawai GPA

Photo: Mélissa Vaillancourt

Mythique, la côte Na Pali est de ces lieux qui nourrissent l’âme. Avec ses montagnes verdoyantes, ses vallées étroites et ses chutes d’eau pure, elle promet une expérience unique en son genre.

Nombreux sont ceux qui rêvent de visiter cette région d’Hawaï. Téméraires sont ceux qui daignent la fouler. Car, en réalité, les falaises y sont si abruptes qu’aucune route carrossable n’a pu y être aménagée. Seul un petit sentier, parsemé de roc et de terre boueuse, permet de se rendre dans ses tréfonds et, surtout, à sa plage légendaire.

Suivant la côte du littoral sur 18 km, le sentier Kalalau traverse cinq vallées escarpées, donnant une impression quasi constante de marcher le long d’un précipice. Au-delà de sa beauté, ce sentier est surtout connu pour ses dangers : le temps imprévisible, les falaises abruptes, les crues subites et les courants féroces causent chaque année de nombreuses évacuations, et parfois même des décès.

Malgré tous ces avertissements, plusieurs tentent le défi. Au départ, on constate qu’il y a plusieurs voitures stationnées à la tête du sentier, à la plage de Ke’e.

Bien que boueux et rocailleux, les deux premiers kilomètres sont bondés de touristes curieux d’admirer enfin la côte Na Pali. Le bébé sur le dos de papa ou de maman, une fillette de cinq ans, un estropié, le jeune homme en gougounes, une personne du troisième âge… On est surpris de voir autant de monde descendre dans la première vallée.

Chez les anciens Hawaïens, on dit que «Kalalau» signifie « déambuler sans destination précise ». Où vas-tu? Kalalau ! Comme si on disait «par là-bas». Aujourd’hui, on ne peut plus utiliser le terme de la même manière puisque la vallée Kalalau est une destination prisée, tant par les touristes en quête d’aventure que par les hippies en quête de nature profonde.

« Kalalau ! »

HANAKAPI’AI

La plupart des visiteurs s’arrêteront à la magnifique plage Hanakapi’ai. Interdite à la baignade, elle est réservée aux surfeurs expérimentés. Et encore! Plusieurs panneaux avertissent des forts courants de retour: les eaux houleuses sont réputées pour avaler ceux qui osent s’y aventurer. On préfère donc s’asseoir pour admirer le paysage et la mer déchaînée.

À partir de cette plage, un sentier de 3 km invite les marcheurs à s’enfoncer dans la vallée jusqu’à l’impressionnante chute Hanakapi’ai. Une superbe randonnée d’un jour qui en mettra plein la vue aux touristes du dimanche inexpérimentés.

Hawai GPA

Photo: Mélissa Vaillancourt

D’autres, mieux équipés, poursuivront leur marche le long du littoral pour rejoindre la vallée qui fait tant rêver. Pour continuer sur ce sentier, un permis est requis, ainsi que tout l’équipement nécessaire permettant de séjourner en autonomie: tente, vivres, quelques vêtements en cas d’intempéries et, surtout, de bonnes chaussures.

En quittant la plage, l’ambiance change. Le silence s’installe entre les randonneurs… On sait que le vrai périple commence. Sur environ 1 km, le sentier remonte en plusieurs lacets dans la jungle dense. On gagne en altitude jusqu’au point le plus élevé du sentier, à 250 m, où le Space Rock, un rocher précairement perché, permet d’admirer la côte de tout son long.

En dessous, les vagues s’écrasent avec fracas contre les falaises, faisant trembler la terre. Derrière, les crêtes rouges, orangées, brunes et vertes ondulent tels de larges rubans de terre. Nous éprouvons un profond sentiment de respect envers tous ces éléments qui défilent sous nos yeux.

D’ici, il faudra encore traverser deux vallées et parcourir 5 km avant de gagner la vallée Hanakoa, où se trouve un des deux seuls terrains de camping officiels.

Exposé à souhait, le sentier étroit est bordé d’arbustes. Dans notre imagination, ces petits buissons jouent le rôle de gardes du corps, prévenant d’une chute le long du ravin. À chaque tournant, la mer féroce se déploie en de multiples teintes de bleu.

LES PRÉCAUTIONS À PRENDRE

L’été s’avère la meilleure saison pour explorer le sentier Kalalau. De mai à septembre, les précipitations étant beaucoup moins abondantes, il est alors moins risqué de faire l’excursion. Néanmoins, voici quelques conseils à suivre afin d’éviter une tragédie.

Ne jamais traverser un ruisseau en crue subite. En cas de doute, il faut s’assurer que l’eau ne dépasse pas le genou.

Ne pas se baigner dans la mer, au risque de se faire entraîner au large par de forts courants.

Ne pas trop s’approcher des falaises, au risque de recevoir une roche sur le crâne.

Porter des chaussures ayant de bonnes semelles antidérapantes.

En cas de forte pluie, attendre patiemment que les conditions s’améliorent avant de poursuivre sa route.

HANAKOA

Hawai GPA

Les randonneurs sont heureux de pouvoir quitter lavallée Kalalau par temps ensoleillé.
Photo:Mélissa Vaillancourt

Enfin, la vallée Hanakoa s’ouvre profondément dans la jungle. Situé au kilomètre 10, le campement est divisé par la rivière en plein centre. Ils sont nombreux à s’y arrêter pour la nuit, préférant couper le périlleux trajet en deux.

Lugubre, ce site a mauvaise réputation: il est jonché de déchets, parfois de carcasses d’animaux en décomposition. Autrement dit, l’endroit n’inspire pas le repos, surtout lorsque le vent se met de la partie, secouant les arbres centenaires par bourrasques.

Hawai GPA

Photo:Mélissa Vaillancourt

L’envie de quitter les lieux est aussi accentuée par la météo imprévisible. On ne sait jamais quel temps il fera le lendemain, même si la météo ne prévoit aucune précipitation.

Malgré tout, impossible de partir sans avoir vu la chute Hanakoa. Dessiné le long de la rivière, un petit sentier de 1 km mène à la chute vertigineuse. Entre trois murs de verdure, elle tombe sur une centaine de mètres dans un bassin. Rafraîchissantes, les eaux nous délestent du stress, de la fatigue et aussi de toute cette boue accumulée sur nos jambes.

De retour au campement, il est conseillé de prendre une pause. La section du sentier qui suit est la plus exposée (et la plus impressionnante). Crawler’s Ledge, c’est son nom, se situe entre les kilomètres 12 et 14.

Dans cette section, aucune distraction n’est permise. On doit se concentrer sur chacun de nos pas. Tel un entonnoir, la falaise de roche semble vouloir nous aspirer vers le bas. On s’agrippe à la paroi sur le côté, regardant attentivement où l’on pose chacun de nos pieds.

En quelques minutes à peine, le pire semble passé. Sauf si la pluie se met de la partie! Moins impressionnante, la section suivante demeure dangereuse: le sentier de terre rouge peut devenir extrêmement glissant, entraînant une chute où rien ne peut nous retenir. En cas de pluie, il faut faire demi-tour et attendre que les conditions soient plus sécuritaires.

 

 

HAWAI Geo plein air

Photo: Mélissa Vaillancourt

REPÈRES – Kauai, Hawaï

S’Y RENDRE

Le sentier Kalalau étant sur l’île de Kauai, on peut débarquer à l’aéroport de Honolulu, puis prendre un vol (25 minutes) vers l’aéroport de Lihue. Il est aussi possible d’atterrir directement à Lihue, ce qui, à partir de Montréal, coûtera au bas mot 750 $ par personne. On y trouve plusieurs types d’hébergement, allant des auberges abordables jusqu’aux complexes hôteliers de luxe. La location de condos et les bed and breakfasts figurent parmi les options les plus populaires pour les touristes préférant le plein air aux vacances de type tout-inclus. Se déplacer Plusieurs sites méritent d’être visités sur l’île. Selon vos désirs de liberté, vous pourriez être tenté de louer une voiture, ou de trouver des navettes organisées qui font les principaux sites touristiques, en boucle. Certains des sites les plus spectaculaires ne sont accessibles que par avion ou par hélicoptère.

QUOI FAIRE

Plages : Il y a des plages de tous les côtés de l’île. En fonction des goûts, les activités peuvent varier, car on peut y faire autant du surf que du kayak ou de la plongée libre.

Tyrolienne : Les montagnes et les vallées de Kauai sont particulièrement spectaculaires. Il est possible d’en faire un survol en tyrolienne en passant par l’agence Skyline Eco-Adventures. www.zipline.com/kauai

Vélo : Outre la randonnée pédestre, on peut aussi enfourcher un vélo de montagne et dévaler le canyon Waimea, qui fait 1200 m, ou un vélo de ville pour faire le tour du parc Lydgate.

D’autres randonnées à Kauai : Surnommée l’«île jardin», Kauai est un véritable paradis pour les amateurs de randonnée pédestre. Parmi les plus belles randonnées, on note le court mais ô combien mémorable sentier de Sleeping Giant, au centre de l’île, dans le coin de Kapa’a. Puis les multiples randonnées dans le parc Koke’e, tout au sud-ouest, qui permettent d’admirer le canyon Waimea. Sans oublier la belle promenade sur les falaises de Makawehi Bluff, au sud, là où il fait toujours beau.

KALALAU

Hawai GPA

Photo: Naoh Wolfson

Après le kilomètre 15, tout devient enfin plus facile. Le sentier descend considérablement, tout en étant beaucoup moins exposé. Un kilomètre plus loin, une pancarte souhaite la bienvenue dans la vallée Kalalau ! Même si on est seulement à une trentaine de mètres d’altitude, on n’est pas au bout de nos peines pour autant. Par temps mouillé, la butte rouge devient aussi glissante que la glace sur une pente de ski.

Il reste encore le ruisseau Kalalau à traverser avec précaution. S’ensuit un petit sentier boisé, puis la dernière plage, enclavée entre de gigantesques murailles. Devant nous, les vagues immenses se fracassent sur le sable. Au loin, des visiteurs semblent danser sur la plage, libérés de toute angoisse

Plusieurs sites de camping permettent de s’installer quelques jours, pour explorer la vallée ou simplement pour se détendre. Toute notion de temps devient abstraite. Une bulle s’installe autour de nous, celle de la vallée Kalalau.

Une communauté illégale

Au plus profond de la vallée Kalalau, à 5 km de la plage, une petite communauté hippie y habite illégalement. Venus décrocher du monde, ses membres se nourrissent des récoltes de leur potager. Ceux-ci semblent avoir inspiré le célèbre film Avatar, dans lequel un monde secret extraordinairement beau doit affronter les méchants venus du monde industrialisé. À tout moment durant votre séjour, vous risquez de rencontrer un de ces habitants, pour la plupart quasi dévêtus. Ils prétendent cultiver autant la nature que le savoir, grâce à ce qu’ils qualifient d’« université de la vie».

Le désagrément venu du ciel

Fait à souligner, le seul réel dérangement vient d’en haut, puisque d’innombrables hélicoptères survolent la vallée de 8 h à 17 h. Par beau temps, un hélicoptère survole la côte Na Pali environ toutes les cinq minutes.

Publicité